Le Nigeria est en état d'alerte après l'annonce mardi soir d'un premier cas d'Ebola Bundibugyo sur son territoire. La personne infectée est une femme arrivée d'Ouganda par avion. Une course contre-la-montre s'est engagée pour identifier au plus vite tous les cas contacts potentiels : 44 ont déjà été détectés jusque-là, notamment les personnels de santé qui ont côtoyé cette patiente, ces dernières semaines.
Le ministre de la Santé du Nigeria dit travailler main dans la main avec le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l'Ouganda et l'Éthiopie, pour établir un itinéraire complet de cette personne. Il s'agit maintenant de déterminer l'origine de cette contamination, qui serait « importée » et non la conséquence d'une transmission « communautaire ».
Un diagnostic posé deux semaines après l'apparition de symptômes
D'après de nouvelles informations, la patiente traitée à Abuja serait la femme d'un diplomate basé dans la capitale nigériane. Avant de tomber malade, celle-ci a passé environ deux semaines et demie de vacances à Kampala, en Ouganda, le pays dont elle est originaire. Elle est ensuite revenue en Afrique de l'Ouest le 3 octobre en empruntant un vol de la compagnie Ethiopian Airlines, avec deux heures de transit à Addis-Abeba.
Le directeur général d'Africa CDC, Jean Kaseya, a déclaré sur RFI que des discussions vont avoir lieu avec les autorités ougandaises, qui déclarent toujours qu'il n'y a aucun cas d'Ebola actif sur leur territoire.
Inquiétudes
Pendant ce temps, au Nigeria, des médecins mettent en garde contre un diagnostic tardif, qui augmente le risque de voir d'autres cas se déclarer bientôt dans le pays le plus peuplé d'Afrique. L'information révélée mardi soir par le ministre de la Santé fait en tout cas souffler un vent de panique sur le pays, qui n'avait pas recensé de cas d'Ebola depuis 12 ans.
Muhammad Ali Pate s'est voulu rassurant dans ses déclarations : il assure que le Nigeria pourra s'appuyer sur l'expérience acquise en 2014, lorsqu'une vingtaine de personnes avaient été contaminées par Ebola dans le pays. Le ministre de la Santé a notamment rappelé que le Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (Nigeria CDC) a la capacité d'identifier le virus dans son laboratoire.
Une cellule de crise chargée de la gestion de l'épidémie d'Ebola, chapeautée par la Présidence, a par ailleurs été réactivée, et un numéro de téléphone est en service pour tout signalement.
Ce mercredi, les sénateurs nigérians ont poussé pour que des contrôles systématiques soient mis en place aux points d'entrée dans le pays, et ont évoqué l'idée d'ouvrir des centres d'isolement dans les 36 États fédérés du Nigeria. De leur côté, les députés réclament une évaluation rapide des ressources à disposition des personnels de santé, et demandent le déblocage de fonds pour renforcer la surveillance, le traçage des contacts et les analyses médicales.