(ENTRETIEN) Makhtar Diop sur la DER : « Une dette, on la paie... Les projets non financés sont généralement proposés par des mauvais payeurs... La Der n'a jamais été politisée »

Visiblement écœuré par la réticence affichée par certaines personnes de payer les dettes contractées dans le cadre de la Der, Makhtar Diop, haut conseiller des collectivités territoriales, a tenu à élever le ton. Pour lui, payer une dette est une question de principe. Il répond ici a trois questions de Dakaractu.


Dakaractu : La Der a-t-elle changé de visage ? De baume au coeur, elle s'est muée en traque !

 

Elle ne traque personne. La Der reste ce qu'elle a toujours été. Un projet qui vise à promouvoir l'initiative privée en finançant des projets proposés par des Sénégalais. Ces projets financés étaient censés financer d'autres projets. Depuis le début, les bénéficiaires savaient que l'argent était à rembourser pour que d'autres projets appartenant à d'autres Sénégalais puissent être financés. C'est du revolving. Partout où la Der est passée, le message du Directeur et de ses agents était clair et limpide. 

Par conséquent, personne ne peut aujourd'hui dire  qu'il y'a matière à polémiquer. Ce qu'il faut dire c'est que certains Sénégalais étaient habitués à contracter des dettes dans le cadre de ces financements et au finish, jamais ils n'étaient sommés de payer alors que l'argent est celui des banques et du contribuable Sénégalais. La Der est une initiative qui vise à aider les jeunes Sénégalais à sortir de la précarité, du chômage. Son objectif n'est guère de former des voleurs, mais des travailleurs avertis, responsables qui savent qu'il faut travailler pour réussir. La Der est au service de la promotion du développement et de l'entrepreneur et non au service du vol et de l'escroquerie .

 

Dakaractu : Et vous proposez quoi ?

 

Je propose qu'on aille dans le sens de faire payer tout le monde. Il faut que les gens s'acquittent de leurs engagements. J'ai eu vent que des sommations via des messages électroniques étaient déjà envoyés aux débiteurs de la Der. C'est déjà bien. Il y a eu ensuite une communication qui a été faite par les agents de la Der et par le Directeur lui-même dans ce sens. C'est encore mieux. Maintenant, il reste à chacun d'entre nous de savoir raison garder. L'argent, c'est celui des banques. l'État a déjà fait des efforts. Il ne faut pas que ces efforts soient vains. Je demande solennellement aux jeunes de la commune de Touba, où j'habite, de montrer l'exemple et j'ai confiance en eux. Dans  la région de Diourbel, ma région, il y a eu plus de 5400 bénéficiaires. Que tout le monde paie et tout le monde paiera ici, j'en suis persuadé.

 

Dakaractu : La Der, à ce rythme, devrait peut-être supprimée.

 

Pour rien au monde ! Renforcer la Der, vous voulez dire. Je crois qu’en tant que haut conseiller des collectivités territoriales, je suis bien placé pour vous dire que l'initiative gagnerait à être pérennisée. Le Président de la République ne fait jamais rien hasardeusement. Le fait que certaines personnes ne paient pas n'enlève en rien au fait que les financements ont extrait des milliers des griffes de la précarité. Il a financé des millions de projets;  Pape Amadou Sarr a fait ses preuves et a montré, à mon avis, qu'il pouvait mériter la confiance du Président de la République. Il y a certes des projets qui n'ont pas été financés. Laissez-moi vous apprendre que la quasi-totalité de ces projets émanent de mauvais payeurs identifiés grâce à l'aide des banques partenaires. Certaines personnes ont été classées '' mauvais payeurs '' par ces banques. 

D'autres avaient déjà contracté des dettes au niveau du Fongip et du Fonsis. 

Par conséquent, la Der ne tâtonne pas. Elle sait où mettre les pieds. L'autre mérite du Directeur de la Der, c'est de n'avoir jamais politisé les financements. À Mbacké, chez moi, des militants de Rewmi, ont été financés et nul ne peut dire le contraire. La Der est un exemple de réussite...

Dimanche 6 Octobre 2019
Dakaractu



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