ENLÈVEMENT D’UN ENFANT DE MOINS DE SEPT ANS À LA MÉDINA : Mandat de dépôt requis contre Idiatou Diallo

Libération révèle que, contrairement à ce qui a été écrit, Idiatou - et non Aïssatou - Diallo, interpellée suite à l’enlèvement d'une fillette au rond point de la Médina (Dakar), a été déférée au parquet par les éléments de la Sûreté urbaine (SU). Mieux, compte tenu des zones d’ombre qui planent sur le dossier, le parquet, qui veut y voir plus clair, a ouvert une information judiciaire pour enlèvement d’un enfant de moins de 7 ans et requis son placement sous mandat de dépôt. Après avoir bénéficié d’un retour de parquet hier, la mise en cause sera face au magistrat instructeur qui sera désigné ce jour.


ENLÈVEMENT D’UN ENFANT DE MOINS DE SEPT ANS À LA MÉDINA : Mandat de dépôt requis contre Idiatou Diallo
Selon les informations de Libération, le Procureur de la République a ouvert une information judiciaire pour enlèvement d’un enfant de moins de 7 ans et requis le mandat de dépôt contre Idiatou - et non Aïssatou - Diallo.
En faveur d’un retour de parquet faisant suite à son défèrement, cette Sénégalaise âgée de 26 ans et née à Dakar, sera face aujourd’hui au magistrat instructeur qui sera désigné pour piloter l’information.
Même si les témoignages quant à son état mental convergent, il n’en demeure pas moins que l’enquête diligentée par le commissariat de Rebeuss, puis par la Sûreté urbaine (SU) laisse apparaître des zones d’ombre qui ont sans doute motivé la position du parquet qui ne veut laisser aucune place au doute.
L’affaire commence lorsque le commissariat de Rebeuss est informé de la tentative d’enlèvement d’un enfant au niveau de la Poste de Médina. La source indiquait que Idiatou Diallo l’avait dépassée au niveau du vendeur de journaux en tirant la main d’une jeune fille qui se débattait de toutes ses forces. L’ayant interpellée, la dame lui a répondu qu’elle était sa fille et qu’elle refuserait de se rendre à l’école. La fillette dément, ce qui a motivé la « source » à alerter la Police.
Les policiers sur place, le dénonciateur indique que Idiatou Diallo avait une attitude « normale » mais « jouerait » à la déficiente mentale dès qu’elle a été informée de l’arrivée des flics. Interrogée sur place, celle-ci n’a pas répondu aux questions des enquêteurs.
Quant à la fille, Oumou S. D, elle a indiqué que c’est de retour de son école qu’elle a croisé la dame qui lui a donné deux pièces de 50 FCFA, qu’elle a refusé de prendre, pour la suivre à son domicile ce qu’elle a refusé de faire. N’empêche, la dame a essayé de l’amener de force avec elle, ce qui a motivé ses cris.
Fouillée à corps, il n’a été trouvé aucun papier sur Idiatou Diallo si ce n’était un papier avec deux numéros de téléphone, caché dans ses parties intimes. Face à la gravité des faits, Idiatou Diallo
est automatiquement placée en garde à vue suite à une enquête de flagrance.

L’enlèvement est bel et bien réel

Lors de son premier interrogatoire, Idiatou Diallo a été, très logique, au début. C’est elle même qui révélera aux enquêteurs, son nom, son lieu de résidence, avant de révéler qu'elle était divorcée et mère de trois enfants.
Elle enchaîne : « Moi je me rendais à la Médina pour chercher quelque chose quand j’ai aperçu une petite fille qui marchait à côté de la route. Je me suis approché d’elle et elle a commencé automatiquement à pleurer. J’ai alors décidé de la conduire auprès des policiers qui étaient en faction quelques mètres plus loin. Là, un homme m’a interpellé mais j’ai continué ma marche... Où est Chérif ? »
Malgré l’insistance des enquêteurs, Idiatou commencera à divaguer en réclamant la présence de ce mystérieux Chérif. Ensuite, elle dira qu’elle a envie de manger du... ’’cebuu jen’’ (riz au poisson). L’interrogatoire est brièvement interrompu et elle n’en dira pas plus.
Mais Chérif sera identifié comme étant Chérif S., son ancien mari qui a révélé effectivement avoir eu deux filles et un garçon avec la mise en cause. Il indiquera aux enquêteurs avoir quitté cette dernière en 2003 car elle était de venue un danger pour lui et leurs enfants. « Je vous dis qu’elle est très violente en cas de crise et il est très fréquent qu’elle s’en prenne à son entourage et à des personnes qu’elle ne connaît pas ». « Elle a eu à déchirer sans raison mes habits. Même ma mère a eu à subir ses violences. Elle s’était attaquée à elle avec une lame de rasoir et menaçait de la tuer », a confirmé la sœur de Idiatou, D. Diallo.
Et d’ajouter que celle-ci a été d’ailleurs internée à l’hôpital Dalal Khel avant d’être évacuée en Guinée pour se soigner. C’est en regardant les images diffusées dans les réseaux sociaux, suite à son arrestation, que sa famille s’est rendue compte qu’elle avait réussi à revenir à Dakar.

La santé mentale de Idiatou Diallo en question

Dans le cadre de la procédure, les enquêteurs ont entendu L. G. Boissy, le médecin qui la suivait à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye. Ce dernier a confié avoir détecté chez elle des troubles d’humeur de type maniaco-dépressif récurrentes qui se manifestent par « des troubles de l’humeur, un port de tenue extravagante, des moments de colère avec des propos délirants de persécution voire une mythomanie ».
Le spécialiste a révélé par ailleurs que la maman de Idiatou Diallo est sa patiente depuis 15 ans puisqu’elle souffre elle aussi de troubles psychiques. Cette dernière qui a reconnu être sujette à des troubles a lancé cette sentence aux enquêteurs après avoir rappelé que sa fille lui avait fracturé le bras : « Elle est un danger pour elle- même mais aussi pour les autres ».
Jeudi 29 Mars 2018
Dakaractu



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