« Dundal PS » / De Senghor à la quasi-disparition: La Parti socialiste au bord du gouffre, lance un manifeste appelle à la renaissance


Le Parti socialiste, pilier historique de la vie politique du Sénégal pendant des décennies, traverse une crise existentielle. C’est le constat sans détour d’un manifeste publié ce 28 janvier 2026 par un collectif de responsables et militants qui appellent à “faire revivre” leur formation politique.

 

Intitulé « Dundal PS », ce texte rappelle le rôle central qu’a joué le parti depuis 1948, de l’indépendance à la construction des institutions républicaines, sous la conduite de figures comme Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf. Mais aujourd’hui, avertissent les signataires, cet héritage est « menacé de disparition ». 

 

Le diagnostic est alarmant selon les responsables du parti qui notent une présence « quasi nulle » dans l’espace public, absence totale des réseaux sociaux, un seul député élu aux législatives de novembre 2024, des structures « désuètes, lourdes, inefficaces » et une direction qualifiée de « faible » qui « n’inspire ni confiance ni espérance ». 

 

Le manifeste dénonce également les initiatives de redressement menées ces dernières années séminaires, commission spéciale de relance qu’il qualifie d’opérations « en trompe-l’œil ». Ces démarches auraient servi de manœuvres d’apaisement transformées en moments d’auto célébration sans débat de fond ni vision politique claire. Les congrès promis à plusieurs reprises, notamment pour décembre 2024, janvier puis décembre 2025, n’ont jamais eu lieu. « Nous avons épuisé les avertissements sans suite, les alertes ignorées, les suggestions enterrées », écrivent les auteurs du texte.

 

Le manifeste s’ouvre sur une référence aux sagesses wolof et bantoue « Nit nitay garabam » (l’homme est le remède de l’homme) et « Ubuntu »  (je suis parce que nous sommes) pour fonder philosophiquement l’appel à la reconstruction collective du parti. Les signataires proposent trois axes de refondation : un parti qui revit en reprenant la parole publique et en produisant des idées ; un parti qui se renforce par une réforme profonde de ses structures et de son fonctionnement et un parti qui se rassemble autour d’un projet politique actualisé et d’une direction légitime.

 

Un appel au-delà des clivages

 

Parmi les 46 primo-signataires figurent d’anciens ministres comme Alioune Ndoye et Serigne Mbaye Thiam, des maires, des secrétaires généraux de coordinations départementales et régionales, ainsi que des représentants de la diaspora et de la jeunesse du parti. Leur appel dépasse les frontières partisanes et s’adresse à tous les Sénégalais attachés aux valeurs de justice, de solidarité et de démocratie. Ils invitent à « éviter les fractures » et à construire dans le consensus une nouvelle direction capable de porter l’ambition d’un Sénégal plus prospère et plus équitable. 

 

Ce manifeste marque une étape critique pour le PS, qui doit maintenant démontrer sa capacité à se réinventer ou risquer de rejoindre le musée des formations politiques disparues.

Jeudi 29 Janvier 2026
Dakaractu