Droits de douane: l’Europe met en garde l’administration Trump


L’UE réagira “avec fermeté” à toute violation par les États-Unis de leur accord commercial conclu l’été dernier, a prévenu jeudi un porte-parole de l’exécutif européen, alors que Washington a lancé des enquêtes commerciales préfigurant de nouveaux droits de douane.

“La Commission répondra avec fermeté et de manière proportionnée à toute violation des engagements” figurant dans cet accord, a déclaré à la presse Olof Gill, un des porte-parole de Bruxelles, soulignant que l’UE avait demandé à Washington des “clarifications” sur l’ouverture de ces enquêtes.

La Maison-Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les États-Unis, première étape pour imposer de nouveaux droits de douane, après ceux annulés par la Cour suprême.
 

“Sans stabilité, il ne peut y avoir d’accord”

"Ils nous menacent déjà de nouveaux droits de douane. Il est impossible de travailler avec l'administration Trump dans ces conditions", a fulminé l'eurodéputée belge Kathleen Van Brempt (Vooruit, S&D), vice-présidente de la commission du commerce international au Parlement européen (INTA).

“Sans stabilité, il ne peut y avoir d’accord. Nous ne signerons pas de chèque en blanc tant qu’ils continueront de menacer notre économie, nos industries et les moyens de subsistance de millions d’Européens”, a-t-elle ajouté sur les réseaux sociaux. 
 

Le président de la commission INTA, l’Allemand Bernd Lange (S&D) concède que “nous savions que des enquêtes allaient être menées en vertu de l’article 301 de la loi américaine sur les douanes et la protection des frontières”. “Néanmoins, l’incertitude persiste. Le gouvernement américain ne s’est toujours pas clairement engagé à respecter les obligations découlant de l’accord de Turnberry, et il n’y a pas de garantie que ces enquêtes n’aboutiront pas à une hausse plus importante encore des droits de douane de l’UE”, fait-il observer.
 

“Inacceptable”

Les négociateurs du Parlement européen veulent en outre voir se concrétiser les premières mesures pour ramener les dérivés de l’acier et de l’aluminium (machines agricoles et autres produits industriels importants) de 50 % au taux tarifaire convenu de 15 %, ajoute Bernd Lange. “Nous verrons où mèneront les enquêtes, mais tout ce qui s’écarte des engagements de l’accord de Turnberry sera inacceptable”, conclut-il.

 
Jeudi 12 Mars 2026
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