Dr Yaya Baldé médecin chef de région de Kolda: « L'hôpital régional a 6 lits tous équipés avec de l’oxygène… Nous sommes inquiets rapport à cette nouvelle variante du virus… » 


Avec la recrudescence des cas de covid-19 et de la découverte de nouvelles « variantes » de la maladie, Dakaractu/Kolda est allé à la rencontre du docteur Yaya Baldé, médecin-chef de la région de Kolda pour savoir où en est la situation. 

Revenant sur la prise en charge technique des patients, il précise : « nous relevons les plateaux techniques de façon permanente. Il y a toujours le centre des opérations d’urgence qui a pour rôle de renforcer régulièrement les plateaux techniques. Et à chaque fois qu’il y a des situations de déficit, on fait l’expression des besoins. Il y a des équipements qui vont arriver et d’ailleurs certains sont mêmes là. Nous allons toujours renforcer la prise en charge comme la situation a changé. C’est pourquoi, nous avons mis un dispositif dans les centres de santé pour prendre les cas simples avant de les acheminer au centre de traitement de l’hôpital régional. Tout ce dispositif élargi entre dans le cadre de désengorger le centre de traitement de l’hôpital régional, mais également réduire le stress du personnel soignant. 

Il estime dans la foulée que pour les cas graves, tous les postes de santé disposent d’oxygène tout comme les centres de santé pour la prise en charge des patients. D’ailleurs « le site de prise en charge de la covid-19 de l’hôpital régional a 6 lits tous équipés avec de l’oxygène. Nous sommes conscients que l’oxygène est la matière première pour la prise en charge des cas sévères et graves. Ce dispositif est en train d’évoluer et bientôt nous allons acquérir des ressources humaines additionnelles qui viendront renforcer le dispositif. Mais ce qui est sûr, nous maintenons la surveillance communautaire et frontalière. Ceci sera axé sur une communication responsable pour ramener les populations au respect des mesures barrières. » 

Pour la découverte de la nouvelle mutation du virus, il estime « nous sommes inquiets par rapport à cette nouvelle variante du virus car nous sommes une région transfrontalière. Il est opportun de mener des stratégies communes transfrontalières avec la Gambie pour combattre le virus surtout avec le département de Médina Yoro Foula. D’ailleurs, nos deux pays (Sénégal et Gambie) collaborent pour renforcer la surveillance. Il faut alerter tout cas suspect pour que nous prenions les devants afin de stopper la transmission. » 

En ce sens, il pense qu’ils ont « une petite idée de cette variante », mais pour lui le plus important est de rester vigilant en respectant les mesures barrières. Et à chaque fois qu’il y a des situations délicates selon lui, les prélèvements sont envoyés à Dakar pour des analyses plus approfondies en relation avec notre ministère de tutelle.  À ce titre, il ajoute : « mais nous avons des inquiétudes car c’est une variante qui est plus virulente que l’autre variante. Aujourd’hui, on sait que c’est le nombre de décès qui inquiète. Ce n’est pas le nombre de cas mais tant qu’il y a des décès, la situation devient préoccupante. » 

Revenant sur le cas de Médina Yoro Foula qui, malgré le pic de la pandémie lors de la première vague n’a enregistré aucun cas positif, «il faut féliciter les équipes de Médina Yoro Foula qui ont fait des efforts de dépister des cas positifs. » Ce sont les conséquences de l’évolution de l’épidémie avec les mouvements de populations. Le département « a deux cas positifs » qui ont été rapidement circonscrits avec tous les moyens de prise en charge adéquat. 

Dans cette optique, il explique les stratégies qui ont valu à Kolda cette accalmie avant la deuxième vague. A ce propos, il estime que c’est un effort collectif qui a gagné le combat.  « C’est le travail de tout le monde qui a fait cette accalmie avant la reprise des cas au mois de décembre. Les populations elles-mêmes avaient adopté des comportements responsables et la surveillance communautaire au-delà des équipes multidisciplinaires (CRGE). Mais après, un constat de relâchement collectif a été noté et c’est ce qui explique ces cas importants même si comparée à d’autre zones, on souffle un peu.  L’heure n’est pas au relâchement et c’est pourquoi « j’en appelle à la responsabilité communautaire, au respect des mesures barrières afin de couper la chaine de transmission. Le virus est là et avec les nouvelles "variantes" vigilance ! » 
Vendredi 29 Janvier 2021
Dakaractu




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