Donald Trump menace de couper les vivres aux Palestiniens


Donald Trump menace de couper les vivres aux Palestiniens
Un mois presque jour pour jour après avoir reconnu la souveraineté israélienne sur Jérusalem, le président Donald Trump menace de couper les vivre aux Palestiniens «s'ils refusent de négocier un traité de paix avec Israël qui se fait attendre depuis trop longtemps». «Puisqu'ils ne sont plus disposés à parler de paix, pourquoi devrions-nous leur verser des paiements massifs à l'avenir?», a-t-il interrogé mercredi matin sur Twitter.
 
Son ambassadrice auprès des Nations-Unies, Nikki Haley, avait menacé peu auparavant de couper le financement américain de l'Agence des Nations-Unies en charge des réfugiés palestiniens (Unrwa) «tant qu'ils ne seront pas revenus à la table des négociations». Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, a rétorqué en dénonçant un «chantage» avant de déclarer: «les droits des Palestiniens ne sont pas à vendre».
Les dirigeants palestiniens estiment que les États-Unis se sont disqualifiés de leur traditionnel rôle de médiateur en appuyant unilatéralement, le 6 décembre dernier, les revendications de l'État hébreu sur la ville sainte. Ils refusent depuis lors de rencontrer les négociateurs américains chargés de préparer l'«accord ultime» promis par Donald Trump. À la veille de Noël, Mahmoud Abbas a par ailleurs refusé de recevoir le vice-président américain, Mike Pence, à l'occasion d'un déplacement que celui-ci prévoyait d'effectuer au Proche-Orient. La visite, reportée, aurait été reprogrammée au 21 janvier prochain mais le chef de l'Autorité palestinienne campe visiblement sur ses positions. «Il n'a pas changé d'avis», confirme Majdi Khaldi, son conseiller diplomatique.
 
Une situation humanitaire déjà précaire
«Les Américains disent vouloir nous ramener à la table des négociations mais ce sont eux qui l'ont quittée en violant les règles du jeu en vigueur depuis près de vingt-cinq ans, poursuit M. Khaldi. Ils menacent maintenant de couper l'aide versée aux réfugiés palestiniens, mais doivent avoir à l'esprit qu'il s'agit d'une initiative très dangereuse. Le sort des réfugiés est une question à la fois sensible et très complexe, qui retentit non seulement sur la situation en Cisjordanie et à Gaza mais aussi dans les pays où ils sont hébergés - tels le Liban, la Jordanie ou l'Irak. Si l'Administration souhaite renouer le dialogue, il n'y a qu'une chose à faire: reconnaître que Jérusalem-Est est la capitale de l'État de Palestine.»
 
Selon les données publiées par l'Administration américaine, l'Agence pour l'aide et le développement (Usaid) a financé en 2016 des projets palestiniens à hauteur de 319 millions de dollars. Quelque 36 millions seraient par ailleurs versés chaque année pour financer les services de sécurité de l'Autorité palestinienne. Enfin, la contribution américaine à l'Unrwa représente 368 millions de dollars, soit un quart environ du budget de l'agence. La remise en cause de ce financement risque d'aggraver la situation humanitaire déjà précaire dans laquelle vivent nombre de réfugiés palestiniens. «Nous n'avons reçu aucune information des États-Unis sur leur éventuelle intention de remettre en cause leur contribution», assure toutefois le porte-parole de l'agence, Chris Gunness.
 
Fin décembre, alors que l'Assemblée générale des Nations-Unies s'apprêtait à condamner la décision américaine sur Jérusalem, l'ambassadrice Nikki Haley avait menacé de représailles. «Nous nous en souviendrons quand on nous demandera encore une fois de verser la plus importante contribution» financière à l'ONU, avait-elle notamment indiqué. «Nous payons aux Palestiniens des CENTAINES DE MILLIONS DE DOLLARS sans la moindre reconnaissance ni le moindre respect», a pour sa part fulminé mercredi Donald Trump.
Le Figaro
Mercredi 3 Janvier 2018
Dakar actu



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