Dissolution du gouvernement de Aristides Gomes par le président bissau-guinéen : cette suite d’événements qui a irrité Jomav.


Dissolution du gouvernement de Aristides Gomes par le président bissau-guinéen : cette suite d’événements qui a irrité Jomav.
Le président Bissau-guinéen est passé à l'acte. Avec l'aval du Conseil d'Etat réuni ce lundi vers 20 h 30, José Mario Vaz a dissolu le gouvernement dirigé par Aristides Gomes, en poste depuis le 16 avril 2018.

Cette décision du président Vaz fait suite à une série d’événements et conformément à ses prérogatives, il s'est séparé du chef du gouvernement issu des rangs du Parti africain pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC).

Mais la goutte qui a fait déverser le vase de colère du président, c'est la mort d'un manifestant, survenu samedi 24 octobre. 

L'opposition était dans la rue pour réclamer la révision du fichier électoral, à presque un mois du premier tour de la présidentielle.
Interdite par le ministre de l'Intérieur, la manifestation a été réprimée par la police et un militant du Parti pour la rénovation sociale (PRS) a été violenté par les forces de sécurité. Demba Baldé succombera à ses blessures. Le gouvernement bissau-guinéen a dégagé ses responsabilités dans la mort de cet homme.

Candidat à sa propre succession, le président José Mario Vaz qui adhère à la démarche de l'opposition quant à une révision du fichier électoral, en veut au PAIGC qui domine le gouvernement.
En Guinée Bissau, le gouvernement est dirigé par le parti majoritaire à l'Assemblée nationale. Le président de ladite formation occupe le poste de Premier ministre. Mais depuis 2015, cette disposition n'est pas respectée en raison d'un malentendu profond opposant le président Jomav, ancien militant du PAIGC au président de ce parti, Domingos Simoes Pereira. Ce qui a eu le don d’exacerber le conflit qui oppose le chef de l'Etat au PAIGC.

À cela s'ajoutent des accusations contre le désormais ex-premier ministre Aristides Gomes, pour sa supposée implication dans le trafic de drogue qui a lieu dans ce pays lusophone. « L’accusé » a démenti avoir trempé dans ce trafic mais, selon le Conseil d’État qui s'est réuni ce lundi, il a éludé la question devant l'Assemblée nationale.

Le porte-parole du Conseil d’État a aussi souligné ce qu'il appelle un « mépris total des règles constitutionnelles et de courtoisie » de la part le Premier ministre Gomes qui aurait demandé aux ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de l'Intérieur de ne pas se rendre au palais à l'invitation du président.

Ce sont entre autres, ce cocktail d' « outrages » et d' « écarts » qui ont conduit le président, candidat à sa propre succession de mettre fin aux fonctions du Premier ministre et de son gouvernement. Une dissolution qui risque de perturber le calendrier électoral même s'il a rappelé lors de la réunion du Conseil d’État que la Commission électorale doit poursuivre son travail. 
Mardi 29 Octobre 2019
Dakaractu



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