Diourbel : la dénonciation d’un père conduit au démantèlement présumé d’un réseau mêlant prostitution et drogue

Les soupçons d’un père sur les absences de sa fille ont débouché sur une enquête impliquant cinq jeunes à Diourbel. Selon L’Observateur, quatre d’entre eux ont été condamnés à deux mois de prison ferme et à une amende, tandis qu’un cinquième prévenu a été relaxé.


L’affaire a commencé par les inquiétudes d’un père revenu d’Italie pour passer des vacances à Diourbel. En juillet 2026, cet homme de 55 ans, désigné par les initiales M. Thiam, remarque des absences répétées chez sa fille, âgée de 20 ans. Ses interrogations se renforcent lorsqu’elle passe trois nuits hors du domicile familial en affirmant séjourner chez une cousine.
 
D’après L’Observateur, le père décide de la conduire au commissariat à son retour. Il soupçonne alors son implication dans des activités illicites. Les premières investigations conduisent les policiers à examiner la consommation de stupéfiants de la jeune femme et ses relations avec d’autres personnes.
 
F. Thiam reconnaît avoir consommé de la MDMA, couramment désignée comme de l’ecstasy. Une autre jeune femme, N. Y. Sylla, est également entendue et admet, selon le compte rendu du quotidien, avoir utilisé le même produit.
 
L’exploitation de leurs communications téléphoniques oriente ensuite l’enquête vers trois jeunes hommes : F. Diouf, 19 ans, A. K. Fall, 21 ans, et M. T. Diop, 23 ans. Les enquêteurs soupçonnent l’existence d’activités mêlant prostitution, proxénétisme et drogue.
 
À l’audience, F. Thiam reconnaît s’être prostituée, en expliquant avoir voulu subvenir à certains besoins matériels. Elle affirme néanmoins n’avoir jamais vendu de drogue. Elle admet une consommation de MDMA avec ses amis, tout en contestant les faits de proxénétisme.
 
N. Y. Sylla nie également toute implication dans le proxénétisme. Elle reconnaît en revanche avoir rapporté de la MDMA depuis Dakar pour une consommation commune, selon les déclarations reproduites par L’Observateur.
 
Les trois jeunes hommes présentent des versions distinctes. F. Diouf affirme n’avoir aucun lien avec la prostitution et reconnaît avoir participé à l’approvisionnement en drogue. A. K. Fall déclare n’avoir pris part qu’une seule fois à une séance de consommation. M. T. Diop soutient, pour sa part, avoir seulement transporté les deux jeunes femmes, sans connaître la nature de leurs activités.
 
Le procureur a invité le tribunal à appliquer la loi. L’avocat de la défense, Me Cheikh Ngom, a sollicité la clémence en mettant notamment en avant la situation et l’âge des prévenus.
 
À l’issue du délibéré, F. Thiam a été reconnue coupable de défaut de carnet sanitaire ainsi que de détention et d’usage de drogue. Elle a été condamnée à deux mois de prison ferme et à 25 000 FCFA d’amende.
 
N. Y. Sylla, F. Diouf et A. K. Fall ont reçu la même peine pour détention et usage de drogue. M. T. Diop a été relaxé
Jeudi 17 Septembre 2026
Dakaractu