Diourbel - Affaire de la sage femme de Henrich Lübcke : 2 ans dont un ferme requis contre Fatou Diarra, l’affaire renvoyée au 4 décembre


Prévenue des chefs de mise en danger de la vie d'autrui et non assistance à personne en danger, Fatou Diarra, sage-femme en service à l'hôpital régional Heinrich Lübcke de Diourbel, a comparu ce jeudi 27 novembre 2025 devant le tribunal des flagrants délits de Diourbel pour répondre desdits délits.

 

Pour comprendre les contours de cette triste affaire, il faut remonter au 17 octobre dernier quand Astou Ndiaye avait rallié avec sa sœur Ndiack Ndiaye, l'hôpital régional Heinrich Lübcke en provenance de Ngohé. Une fois sur place, elles se sont heurtées au refus catégorique de la sage-femme, pourtant elle-même mère de deux enfants, d'accueillir Astou Ndiaye enceinte de plus de six mois.

 

Motif brandi par Fatou Diarra, le manque de places comme directive de sa hiérarchie du fait des travaux de réhabilitation de la maternité. Moins d'une demi-heure après, Astou Ndiaye a été contrainte d'accoucher devant l'hôpital. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, elle va perdre le bébé. 

 

Par la suite, l'affaire a suscité une telle effervescence que le ministère de la santé et le procureur de Diourbel se sont saisis du dossier. Suspendue à titre conservatoire par sa hiérarchie, Fatou Diarra a fini par être placée sous mandat de dépôt le mardi 25 novembre, après avoir été inculpée pour les chefs visés plus haut.

 

Devant le juge ce matin, Fatou Diarra soutenue par des collègues qui ont pris d'assaut le palais de justice de Diourbel, comme perdue par l'émotion, a reconnu les faits qui lui sont reprochés dans un premier temps avant de battre retraite en les niant. 

 

Pour sa défense, la sage-femme en exercice depuis cinq ans, a juré n'avoir fait qu'obéir aux directives. Mais dans un temps second, elle a exprimé ses vifs regrets pour avoir refusé d'accueillir Astou Ndiaye tout en admettant avoir menti quand elle disait qu'il n'y avait plus de lits disponibles, parce qu'en réalité, il en restait deux de libre lorsqu'elle éconduisait la jeune patiente de 33 ans, déjà mère de cinq enfants. 

 

Faisant partie des personnes appelées à la barre et aussi entendues à l'enquête, le médecin gynécologue, le Dr Malick Guèye, a confirmé la note relative aux décisions de limiter la capacité d'accueil notamment à la maternité du fait des travaux de réhabilitation. Le chevronné gynécologue a aussi dressé un ravissant portrait de la prévenue qu'il a peinte comme un élément dévoué à sa mission, généreux et respectueux envers tous.

 

La partie civile ayant sollicité un million Cfa de dommages et intérêts, le procureur Farba Niowi Ngom a requis deux ans dont un ferme contre la prévenue, soutenant que les faits sont d'une extrême gravité. Le représentant de la société a également invité le tribunal à sanctionner Fatou Diarra à la hauteur de sa faute pour que cela serve aussi d'exemple. 

 

Les conseils de la défense Maîtres Cheikh Ngom, Badou Ndiaye, Serigne Diongue et Abdoul Daff, ont tour à tour plaidé la relaxe pure et simple et le titre principal. Et subsidiairement, les quatre avocats ont invité le tribunal à une interpellation clémente associée à une application extrêmement bienveillante de la loi à l'égard de la sage-femme Fatou Diarra en sa qualité de délinquante primaire n'ayant jamais eu maille à partir avec la justice. 

 

 

Finalement, le tribunal a renvoyé l'affaire au jeudi 04 décembre prochain, date à laquelle sera rendu le verdict. Mais en attendant, la sage-femme Fatou Diarra attendra à la prison de Diourbel d'être fixée sur son sort.

Jeudi 27 Novembre 2025
Dakaractu