Diarrère sous les eaux : Moïse Sarr accuse, exige des comptes et réclame une contre-expertise


La colère monte dans la commune de Diarrère. À chaque forte pluie, plusieurs villages se retrouvent confrontés à d’importantes difficultés de circulation sur la piste latéritique Fatick – Diarrère – Diohine. Une situation que Moïse Sarr, responsable de Nouvelle Responsabilité dans la commune de Diarrère, juge « inacceptable » et qui soulève, selon lui, de sérieuses interrogations sur la qualité des travaux de réhabilitation réalisés sur cet axe.
 
Au micro de Dakaractu Mbour, Moïse Sarr ne mâche pas ses mots. Pour lui, ce qui devait être une opération de désenclavement serait devenu, en période hivernale, une source supplémentaire de difficultés pour les populations.
 
« À chaque pluie, nos villages redeviennent des îles »
 
Le constat dressé par le responsable politique est alarmant. Selon lui, dès que les pluies s’intensifient, les difficultés de franchissement se multiplient, avec des véhicules qui tombent en panne et des usagers confrontés à des conditions de circulation particulièrement difficiles.
 
Il met directement en cause la conception de certains ouvrages hydrauliques.
 
Moïse Sarr affirme que des dalots et des buses qui existaient auparavant auraient été remplacés par des radiers, qu’il considère comme inadaptés à la configuration des lieux.
 
« Ces radiers sont devenus de véritables pièges pour les automobilistes dès les premières pluies », dénonce-t-il.
 
À l’en croire, les conséquences dépassent les simples désagréments : moteurs endommagés, véhicules immobilisés, marchandises perdues et populations contraintes de subir les conséquences d’un axe censé pourtant faciliter leur mobilité.
 
Des centaines de millions et beaucoup de questions
 
L’autre interrogation soulevée par Moïse Sarr concerne le coût de la réhabilitation.
 
Il évoque un investissement de plusieurs centaines de millions de francs CFA et estime que les populations sont en droit de savoir si les travaux réalisés correspondent réellement aux besoins du terrain.
 
« Où sont les contrôles ? Où est la responsabilité ? », s’interroge-t-il.
 
Dans sa ligne de mire : l’entreprise chargée des travaux, les services techniques ayant assuré le suivi et la réception des ouvrages, mais également les autorités locales.
 
Des accusations qui, à ce stade, relèvent des déclarations de Moïse Sarr et appellent naturellement des réponses des parties concernées.
 
La mairie également interpellée
 
Le responsable de Nouvelle Responsabilité ne s’arrête pas à l’entreprise et aux services techniques.
 
Il interpelle également l’équipe municipale de Diarrère, à qui il reproche son manque de réaction face aux difficultés rencontrées par les populations.
 
Pour lui, les élus locaux devraient être davantage présents sur le terrain et porter la voix des usagers auprès des autorités compétentes.
 
Il demande ainsi que les responsabilités soient clairement établies et que les éventuelles insuffisances constatées soient corrigées sans délai.
 
« Nous exigeons une contre-expertise »
 
Face à cette situation, Moïse Sarr réclame une contre-expertise technique indépendante des ouvrages réalisés.
 
Son objectif : déterminer si les infrastructures répondent aux normes et si les choix opérés sont adaptés aux réalités hydrologiques de la zone.
 
Il demande ensuite à l’État d’ordonner, si nécessaire, des travaux correctifs immédiats.
 
Car, prévient-il, attendre un accident grave avant d’intervenir serait prendre un risque inutile.
 
Keur Martin – Diohine – Wakhaldiam : l’autre promesse qui tarde
 
Dans son intervention, Moïse Sarr élargit également le débat à l’axe Keur Martin – Diohine – Wakhaldiam.
 
Le bitumage de cette route, régulièrement annoncé selon lui, reste toujours attendu par les populations de plusieurs communes.
 
Et si la réalisation de grands projets autoroutiers constitue une avancée, le responsable politique estime que les axes secondaires ne doivent pas être oubliés.
 
Tattaguine, Diarrère, Ngayokhème et les localités environnantes attendent toujours des réponses concrètes.
 
Le message de Moïse Sarr est donc clair : les populations ne veulent plus de solutions provisoires.
 
« Assez de bricolage. Nous voulons des routes qui résistent à la pluie. Nous voulons le respect de la parole donnée. »
 
Une interpellation directe aux autorités, alors que l’hivernage met une nouvelle fois à nu la fragilité des infrastructures routières et hydrauliques de cette partie du Sénégal.
Mardi 1 Septembre 2026
Dakaractu