Le Collectif des acquéreurs du projet immobilier porté par Teyliom Immobilier (Groupe Yérim Sow) à Diamniadio est sorti de son silence. Dans un communiqué lu à la rédaction, puis à travers la prise de parole de son porte-parole, Kaër Thiam, il dénonce un retard de livraison qui approche la décennie et somme le promoteur de présenter un calendrier précis. Il appelle aussi les autorités à intervenir.
Le collectif évoque plus de 500 logements concernés, quand le porte-parole en cite plus de 760, une différence de chiffres que le Collectif n'explique pas à ce stade. Les deux documents s'accordent en revanche sur l'essentiel : des centaines de familles, qui ont investi des sommes considérables, restent sans perspective claire quant à la remise de leurs biens.
« Si je prends la parole aujourd'hui, c'est pour porter la voix des centaines de familles plongées depuis près de 10 ans dans l'incertitude, l'inquiétude et aussi l'incompréhension », a déclaré Kaër Thiam. Selon lui, derrière ces logements se trouvent des femmes et des hommes qui ont placé leurs économies, « parfois celles de toute une vie », avec un rêve simple : devenir propriétaires, offrir un toit à leur famille et préparer l'avenir de leurs enfants, ainsi que leurs vieux jours. Il affirme que ce rêve reste suspendu et que le poids financier, familial et moral devient « extrêmement difficile à supporter ». Il ajoute que certains acquéreurs sont décédés au cours de l'attente.
Le Collectif refuse de parler de simples retards. Son communiqué estime qu'il ne s'agit plus de décalages techniques ou calendaires, et que près de dix ans d'attente constituent une épreuve pour les souscripteurs. « Ce sont des vies mises entre parenthèses et des projets familiaux compromis », insiste son porte-parole.
Face à cette situation, le Collectif interpelle directement Teyliom Immobilier et son promoteur, Yérim Sow. Il leur demande de communiquer clairement sur l'état d'avancement du projet et de présenter un calendrier de livraison « précis, réaliste et vérifiable » pour les logements et les villas. « Nous ne demandons pas de promesses supplémentaires. Nous demandons des réponses concrètes, des engagements clairs et des actes », a précisé Kaër Thiam. Le communiqué pose les mêmes questions : comment expliquer qu'autant de logements demeurent au cœur d'un tel différend après autant d'années, et quel calendrier concret le promoteur est en mesure de fournir.
Le Collectif élargit aussi le débat à la protection des acquéreurs. Il estime que le dossier dépasse le cadre d'un différend privé et soulève une question d'intérêt public : l'effectivité des garanties offertes à ceux qui investissent dans l'immobilier au Sénégal. Il appelle les autorités à se saisir du dossier, en citant notamment les services chargés de l'urbanisme, de l'habitat et de la protection des consommateurs. Son communiqué demande la fixation d'échéances de livraison « réelles, fermes et contraignantes ».
Le porte-parole inscrit cette demande dans le contexte de Diamniadio, qui incarne, selon lui, l'ambition d'un Sénégal moderne. Il présente le pôle comme le premier projet stratégique de cette ampleur mis en chantier depuis l'indépendance. Mais cette ambition ne peut se réaliser pleinement, prévient-il, « sans confiance, sans transparence, sans garanties pour les citoyens qui investissent dans leur pays », notamment ceux de la diaspora, dont il dit faire partie.
Le Collectif affirme rester attaché au dialogue et à une issue constructive, tout en soulignant que le dialogue ne saurait justifier une attente sans fin. « Nous continuerons à faire entendre notre voix jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée », a conclu Kaër Thiam. Le communiqué ne mentionne aucune réponse de Teyliom Immobilier à ce stade.