« Après plus que 21 mois, on est très soulagé aujourd'hui que ce cauchemar ait finalement pris fin. La vague de solidarité, vous ne pouvez même pas vous l’imaginer, a réagi Christopher Gretzmacher, fils d’Eva Gretzmacher, au micro de Frédéric Garat. On n’a pas eu la possibilité de parler longtemps, c'était plus pour entendre sa voix ».
Il ajoute : « On veut remercier ceux qui ont été impliqués dans cette libération, Saddam Haftar [benjamin du maréchal Khalifa Haftar, commandant général de l'Armée nationale libyenne, NDLR] et toute la famille Haftar. […] On va la rejoindre à Vienne et après on aura, j'espère, un peu de temps quand même en famille, dans la joie des premiers moments. »
Les autorités suisses et autrichiennes ont confirmé ces libérations, ce jeudi matin. « Nous sommes tous profondément soulagés qu’Eva G. soit enfin libre après plus de 21 mois. Cette période a été extrêmement difficile pour elle et sa famille », a déclaré Beate Meinl-Reisinger, ministre autrichienne des Affaires étrangères, dans un communiqué.
« La Suissesse enlevée en avril 2025 au Niger est libre ! Elle est en route de retour vers la Suisse. Je suis soulagé et heureux. Merci à tous les partenaires en Suisse et à l'étranger qui se sont engagés intensivement dès le début pour sa libération », a de son côté posté sur X, le conseiller fédéral Ignazio Cassis.
Mise en scène
Sur les images de la télévision libyenne al-Masar, Eva Gretzmacher et Claudia Abbt, respectivement 76 et 69 ans, apparaissent coiffées de chèches, de vêtements propres, dans une pièce visiblement destinée aux rencontres officielles, avec un drapeau sur le côté et le portrait du maréchal Khalifa Haftar pendu au mur.
Les deux femmes font l'objet d'un examen médical devant les caméras, avant de décliner chacune leur identité, en français, et de remercier le maréchal Khalifa Haftar et son fils, le commandant en chef adjoint et lieutenant-général Saddam Haftar.
C'est particulièrement ce dernier qui est intervenu pour obtenir la libération des deux Européennes, selon al-Masar.
L'Autrichienne Eva Gretzmacher, résidente d'Agadez depuis une trentaine d'années, avait été enlevée en janvier 2025 à son domicile par des hommes armés. Trois mois plus tard, c'est la Suisso-Nigérienne Claudia Abbt, vivant également à Agadez, qui subissait le même sort.
Il n'y a jamais eu de revendications pour les deux rapts, mais tous les regards se sont tournés vers l'État islamique, très actif dans la région.
Dans la même période, quatre transporteurs marocains avaient aussi été kidnappés au Niger, avant de réapparaître six mois plus tard à Bamako, aux côtés du président Assimi Goïta, qui désignait l'État islamique comme responsable des enlèvements.