Le Fonds monétaire international (Fmi) reste optimiste quant à la conclusion d'un accord entre le Sénégal et ses créanciers sur le traitement de sa dette. La directrice générale de l'institution, Kristalina Georgieva, l'a affirmé hier mercredi à Bangkok (Thaïlande), en marge des Assemblées annuelles du Fmi et de la Banque mondiale. Cette annonce intervient après l'approbation d'un programme de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1284 milliards FCfa. Lors de la conférence de presse sur l'agenda politique et économique mondial, la patronne du Fonds s'est montrée confiante. « Je suis plutôt optimiste. Mes échanges avec les principaux créanciers du Sénégal indiquent que chacun comprend qu'il s'agit d'un test grandeur nature pour la stratégie que nous avons adoptée dans le cadre de la Table ronde mondiale sur la dette souveraine », a-t-elle laissé entendre.
Kristalina Georgieva a également annoncé le déploiement des « bons offices » du Fmi afin de faciliter le dialogue entre les autorités sénégalaises et l'ensemble de leurs créanciers, publics comme privés. Cette initiative s'inscrit dans l'accompagnement apporté au Sénégal après la mise en évidence d'engagements financiers non déclarés, qui ont affecté la situation budgétaire du pays.
La directrice générale a salué la démarche de transparence engagée par les nouvelles autorités sénégalaises. Selon elle, celle-ci a permis d'établir plus rapidement un diagnostic de la situation et d'engager les travaux nécessaires à sa prise en charge. Elle a ajouté que la clarification de la situation de la dette a facilité l'identification des difficultés et la définition des réponses à apporter, en collaboration avec les autorités nationales.
Le dossier sénégalais revêt aussi une portée qui dépasse le pays. D'après Kristalina Georgieva, il offre l'occasion de mettre en pratique les principes développés au sein de la Global Sovereign Debt Roundtable, dont l'objectif est d'améliorer la concertation entre pays débiteurs et créanciers. Le Sénégal est ainsi devenu un cas test pour la nouvelle stratégie du G20 sur les dettes souveraines. « Vous avez entendu parler de cette stratégie. C'est notre première occasion de la mettre en pratique. Il est donc essentiel de démontrer que le Cadre commun du G20 est bel et bien amélioré et qu'il peut produire des résultats rapidement », a-t-elle fait savoir.
Il s'agit notamment de démontrer la capacité du Cadre commun à faciliter des traitements de dette plus rapides et mieux coordonnés. La patronne du Fmi a indiqué que son optimisme découle de ses échanges avec plusieurs créanciers majeurs, qui, selon elle, comprennent les enjeux liés à ce dossier.