Dans un entretien exclusif accordé à L’Observateur, Mbaye Dione, secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), banquier et économiste reconnu, livre une analyse sans concession sur la situation politique et économique du Sénégal.
Pour lui, les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, relayées par la presse, ne sont que « des enfantillages » qui masquent l’incapacité du gouvernement à résoudre les véritables problèmes des Sénégalais. « Faute de solution aux problèmes quotidiens que rencontrent leurs mandants, le Président et son PM nous divertissent avec des enfantillages », fustige-t-il. Il déplore que ce climat politique malsain, entretenu par les dirigeants, décourage les investisseurs et bailleurs internationaux alors que le pays traverse une crise économique et financière profonde.
Un duel politique au sommet qui détourne l’attention des vrais enjeux
Selon Mbaye Dione, le conflit médiatique au sommet de l’État ne touche pas directement les préoccupations des citoyens : paysans, enseignants ou étudiants récemment endeuillés et en revendication de droits. Pour lui, il s’agit d’une querelle de préséance entre acteurs politiques d’un même camp. Ce spectacle politique, estime-t-il, montre un manque de conscience de la responsabilité des dirigeants et risque de fragiliser davantage la confiance des partenaires internationaux.
Une alternative politique en gestation
Face à ce constat, le secrétaire général de l’AFP annonce travailler sur une « offre alternative » pour les Sénégalais, afin de « tourner définitivement cette parenthèse des aventuriers » et de proposer un leadership capable de résoudre les défis quotidiens et stratégiques du pays. Mbaye Dione appelle à un rassemblement autour de solutions réalistes et responsables.
Macky Sall à la tête de l’ONU : un soutien officiel
L’entretien aborde également la candidature de l’ancien président Macky Sall à la tête de l’ONU. Mbaye Dione estime que le parcours de Sall, tant au niveau national qu’international, le prépare parfaitement à ce rôle. « Homme d’équilibre et de consensus, le Président Sall bénéficie d’une expérience internationale solide, ayant présidé la CEDEAO, l’Union Africaine et représenté l’Afrique au G20 », rappelle-t-il.
L’AFP a officiellement exprimé son soutien à cette candidature et appelle le président Faye à déclarer publiquement le soutien du Sénégal, estimant qu’une implication forte du pays renforcerait la voix de l’Afrique sur la scène internationale.
Finances publiques : dette, eurobonds et plan de relance
En tant qu’économiste, Mbaye Dione revient sur la situation critique des finances publiques sénégalaises. Avec une dette publique atteignant 132 % du PIB et un engagement de 747 milliards FCFA d’Eurobonds à honorer d’ici fin mars 2026, il insiste sur la prudence dans la mobilisation des ressources. Selon lui, le gouvernement privilégie actuellement des financements internationaux plutôt que des ressources propres qui pourraient mettre en tension la trésorerie.
La dette intérieure, évaluée à plus de 700 milliards FCFA, constitue, selon lui, le principal frein à la relance économique dans le BTP, l’immobilier, l’agriculture, la presse privée et l’enseignement supérieur privé. Mbaye Dione propose la création d’une enveloppe minimale mensuelle de 50 milliards FCFA destinée à apurer progressivement cette dette, pour réduire son impact d’ici 2027 et injecter de la liquidité dans l’économie.
Préserver le crédit privé et financer les infrastructures
Le secrétaire général de l’AFP alerte également sur les risques liés au rééchelonnement et à la titrisation des créances publiques, qui peuvent réduire la liquidité bancaire et freiner le financement du secteur privé. Il insiste sur la nécessité d’un équilibre pour éviter un effet d’éviction et garantir la continuité du crédit aux entreprises.
Concernant la Loi de Finances Initiale 2026, prévoyant 2 803,9 milliards FCFA d’investissements, Mbaye Dione souligne le défi majeur : l’essentiel des ressources actuelles du pays est à court terme et destiné au fonctionnement de l’État (salaires, carburant, dépenses institutionnelles, bourses étudiantes, factures de services publics). Les projets d’infrastructures, souvent amortissables sur le long terme, nécessitent des financements adaptés à long terme, qu’il faudra négocier via des accords internationaux et le FMI.
Conclusion : un avertissement pour le Sénégal
Pour Mbaye Dione, le Sénégal est confronté à un double défi : un pouvoir absorbé par des querelles internes et une économie fragilisée par un endettement élevé et une dette intérieure pesante. L’avenir, selon lui, dépend de choix politiques courageux et de mécanismes financiers rigoureux pour restaurer la confiance des investisseurs, relancer l’économie et apaiser le climat social.
Pour lui, les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, relayées par la presse, ne sont que « des enfantillages » qui masquent l’incapacité du gouvernement à résoudre les véritables problèmes des Sénégalais. « Faute de solution aux problèmes quotidiens que rencontrent leurs mandants, le Président et son PM nous divertissent avec des enfantillages », fustige-t-il. Il déplore que ce climat politique malsain, entretenu par les dirigeants, décourage les investisseurs et bailleurs internationaux alors que le pays traverse une crise économique et financière profonde.
Un duel politique au sommet qui détourne l’attention des vrais enjeux
Selon Mbaye Dione, le conflit médiatique au sommet de l’État ne touche pas directement les préoccupations des citoyens : paysans, enseignants ou étudiants récemment endeuillés et en revendication de droits. Pour lui, il s’agit d’une querelle de préséance entre acteurs politiques d’un même camp. Ce spectacle politique, estime-t-il, montre un manque de conscience de la responsabilité des dirigeants et risque de fragiliser davantage la confiance des partenaires internationaux.
Une alternative politique en gestation
Face à ce constat, le secrétaire général de l’AFP annonce travailler sur une « offre alternative » pour les Sénégalais, afin de « tourner définitivement cette parenthèse des aventuriers » et de proposer un leadership capable de résoudre les défis quotidiens et stratégiques du pays. Mbaye Dione appelle à un rassemblement autour de solutions réalistes et responsables.
Macky Sall à la tête de l’ONU : un soutien officiel
L’entretien aborde également la candidature de l’ancien président Macky Sall à la tête de l’ONU. Mbaye Dione estime que le parcours de Sall, tant au niveau national qu’international, le prépare parfaitement à ce rôle. « Homme d’équilibre et de consensus, le Président Sall bénéficie d’une expérience internationale solide, ayant présidé la CEDEAO, l’Union Africaine et représenté l’Afrique au G20 », rappelle-t-il.
L’AFP a officiellement exprimé son soutien à cette candidature et appelle le président Faye à déclarer publiquement le soutien du Sénégal, estimant qu’une implication forte du pays renforcerait la voix de l’Afrique sur la scène internationale.
Finances publiques : dette, eurobonds et plan de relance
En tant qu’économiste, Mbaye Dione revient sur la situation critique des finances publiques sénégalaises. Avec une dette publique atteignant 132 % du PIB et un engagement de 747 milliards FCFA d’Eurobonds à honorer d’ici fin mars 2026, il insiste sur la prudence dans la mobilisation des ressources. Selon lui, le gouvernement privilégie actuellement des financements internationaux plutôt que des ressources propres qui pourraient mettre en tension la trésorerie.
La dette intérieure, évaluée à plus de 700 milliards FCFA, constitue, selon lui, le principal frein à la relance économique dans le BTP, l’immobilier, l’agriculture, la presse privée et l’enseignement supérieur privé. Mbaye Dione propose la création d’une enveloppe minimale mensuelle de 50 milliards FCFA destinée à apurer progressivement cette dette, pour réduire son impact d’ici 2027 et injecter de la liquidité dans l’économie.
Préserver le crédit privé et financer les infrastructures
Le secrétaire général de l’AFP alerte également sur les risques liés au rééchelonnement et à la titrisation des créances publiques, qui peuvent réduire la liquidité bancaire et freiner le financement du secteur privé. Il insiste sur la nécessité d’un équilibre pour éviter un effet d’éviction et garantir la continuité du crédit aux entreprises.
Concernant la Loi de Finances Initiale 2026, prévoyant 2 803,9 milliards FCFA d’investissements, Mbaye Dione souligne le défi majeur : l’essentiel des ressources actuelles du pays est à court terme et destiné au fonctionnement de l’État (salaires, carburant, dépenses institutionnelles, bourses étudiantes, factures de services publics). Les projets d’infrastructures, souvent amortissables sur le long terme, nécessitent des financements adaptés à long terme, qu’il faudra négocier via des accords internationaux et le FMI.
Conclusion : un avertissement pour le Sénégal
Pour Mbaye Dione, le Sénégal est confronté à un double défi : un pouvoir absorbé par des querelles internes et une économie fragilisée par un endettement élevé et une dette intérieure pesante. L’avenir, selon lui, dépend de choix politiques courageux et de mécanismes financiers rigoureux pour restaurer la confiance des investisseurs, relancer l’économie et apaiser le climat social.