Dette du Sénégal / accord avec le FMI : des détenteurs d’obligations s’organisent et recrutent White & Case…les créanciers du Sénégal passent à l’offensive

Alors que le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de gestion de sa dette, des détenteurs d’obligations souveraines sénégalaises ont constitué un groupe de créanciers et choisi le cabinet international White & Case comme conseiller juridique, selon Reuters. Une initiative qui intervient au moment où Dakar cherche à rétablir la soutenabilité de sa dette et à consolider ses relations avec le Fonds monétaire international.


Le dossier de la dette sénégalaise connaît un nouveau développement. Selon des informations rapportées par Reuters, des détenteurs d’obligations souveraines du Sénégal ont décidé de se regrouper et de s’attacher les services du cabinet d’avocats international White & Case.
 
Quatre sources ayant une connaissance directe du dossier ont indiqué à Reuters que ce groupe de créanciers comprend au moins huit gestionnaires de fonds. L’identité des sociétés concernées n’a toutefois pas été dévoilée.
 
Sollicité par Reuters, White & Case n’a pas souhaité commenter l’information.
 
Le choix de ce cabinet n’est pas anodin. White & Case dispose d’une expérience dans les opérations de restructuration de dettes souveraines. Le cabinet a notamment conseillé des gouvernements comme ceux de l’Éthiopie et de l’Ukraine, mais également des groupes de créanciers dans les dossiers du Liban et du Sri Lanka.
 
Cette organisation des détenteurs d’obligations intervient dans un contexte particulièrement sensible pour les finances publiques sénégalaises. Reuters rappelle que le Sénégal est confronté depuis 2024 à une importante controverse autour de son endettement, après que les nouvelles autorités ont fait état de plusieurs milliards de dollars d’emprunts qui auraient été incorrectement déclarés sous le précédent gouvernement.
 
Selon l’agence de notation S&P et d’autres estimations citées par Reuters, le montant concerné a finalement dépassé 13 milliards de dollars, soit l’équivalent d’environ un quart de l’économie sénégalaise.
 
Cette situation avait également conduit le Fonds monétaire international à suspendre un programme de financement jugé crucial pour le pays.
 
Pendant plusieurs mois, la question d’une éventuelle restructuration de la dette avait suscité de vifs débats au Sénégal, certains responsables politiques rejetant cette perspective. Mais, souligne Reuter , l’ampleur de la dette compliquait les efforts de Dakar pour convaincre le FMI que la trajectoire d’endettement du pays était soutenable, une condition importante pour obtenir un nouveau programme de financement.
 
Une évolution majeure est toutefois intervenue récemment. Le FMI et le Sénégal ont annoncé un accord au niveau des services portant sur un nouveau financement de 2,2 milliards de dollars.
 
Dans le même temps, le ministère sénégalais de l’Économie a annoncé un accord autour d’un « cadre commun renforcé ». Reuters explique qu’il s’agit d’une référence au mécanisme du G20 permettant notamment aux pays à faibles revenus de réaménager leur dette.
 
La constitution d’un groupe de détenteurs d’obligations et la désignation de White & Case comme conseiller juridique apparaissent ainsi comme un nouveau signal de l’entrée du dossier sénégalais dans une phase où les différents créanciers cherchent à s’organiser et à défendre leurs intérêts.
Jeudi 10 Septembre 2026
Dakaractu