Au vu de la gravité des faits reprochés à huit d’entre eux, le parquet avait requis leur placement en Institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ). Et dans plusieurs cas, le juge de la jeunesse avait estimé, après examen du dossier, qu’un tel placement s’imposait, précise le communiqué du parquet.
Cela concerne notamment le cas d’un mineur de 16 ans, déjà connu de la justice de la jeunesse, interpellé à proximité immédiate de sept cocktails Molotov prêts à l’emploi, qu’il a reconnu avoir eu l’intention d’emporter à la manifestation.
Est aussi concerné un autre individu de 16 ans, identifié grâce aux images de vidéosurveillance alors qu’il alimentait une barricade en flammes en y jetant des trottinettes partagées.
Un mineur de 14 ans a lui été interpellé après avoir lancé à de multiples reprises des pierres et des mortiers pyrotechniques en direction des forces de l’ordre.
Toutefois, faute de places disponibles dans les institutions concernées, ces mineurs ont dû être remis en liberté.
En outre, il s’avère, toujours selon le communiqué, que les alternatives au placement sont elles-mêmes saturées. Ainsi, l’équipe mobile d’accompagnement et les dispositifs éducatifs d’encadrement connaissent d’importants délais d’attente, avec 44 jeunes actuellement en attente d’une prise en charge. S’agissant des IPPJ, 283 jeunes francophones sont aujourd’hui en attente d’une place en régime fermé.
Quant à la mesure de surveillance par le Service de protection judiciaire, elle ne pourra, dans plusieurs dossiers, débuter qu’après plusieurs jours voire même semaines, faute de capacités disponibles.
Cette situation interpelle, à nouveau, sur l’adéquation des moyens disponibles avec les besoins rencontrés quotidiennement par la justice, particulièrement en matière de jeunesse, rappelle le parquet de Bruxelles.
Le parquet assure poursuivre “son travail avec détermination et appelle une nouvelle fois les décideurs à restaurer spécifiquement la crédibilité de la justice des mineurs”.