À la suite du contrôle des parrainages des candidats admis au second tour, une soixantaine de recours ont été déposés par les candidats recalés.
Interpellé par nos confrères d’Iradio sur l’impact de ces recours sur la liste, l’expert électoral Djibril Gningue a donné son point de vue.
D’après lui, c’est prématuré de donner son avis, car il faudra d’abord voir les raisons avancées par les uns et les autres. « Au terme des dispositions du code électoral, le droit de réclamation de recours devant le conseil constitutionnel est ouvert à tous les candidats. Maintenant, pour savoir si oui ou non leur recours ont des chances d’être acceptés, il faudrait bien voir les moyens qu’ils ont avancés, c’est-à-dire les preuves fournies par les 60 candidats qui ont fait ces recours-là. Donc, on ne saurait donner son avis sans auparavant prendre connaissance des moyens avancés par les candidats ».
À cela, il ajoute : « le problème du recours devant le conseil constitutionnel pose un problème par rapport même à la séparation des fonctions qui doit être de rigueur dans la gouvernance du processus électoral. Alors donc lorsque maintenant une des institutions impliquées à la fois dans l’organisation c’est- à-dire dans une opération électorale est dans une autre, cela pose un problème d’intégrité du processus électoral. Je veux dire clairement que le conseil constitutionnel organise la justification des parrainages qui est une opération électorale mais en même temps joue le rôle de juge électoral c’est-à-dire c’est auprès de lui que les recours vont être emmenés. Bon, ceci est un véritable problème qui influe d’une manière générale sur l’intégrité du processus et qui pose aussi le problème d’une justice électorale indépendante devant laquelle, on peut faire recours et espérer avoir gain de cause de façon très claire... »