Département de Dagana - Agriculture/ Acquis, défis et perspectives : Devant le PM, les acteurs listent les résultats et manquements…


Au cœur du poumon économique de Saint-Louis, le Premier ministre Amadou Bâ a rencontré ce samedi les acteurs économiques de Dagana. Avec la délégation qui l’accompagne depuis le début de cette tournée économique, Amadou Bâ préside un comité région de développement (CRD) à Richard Toll dans le département de Dagana. Cette rencontre avec les acteurs du secteur primaire évoquera la question de l’agriculture, l’élevage et la pêche considérée comme des vecteurs de développement. 

À travers une présentation du directeur général de la société nationale D’aménagement et d'exploitation des terres du delta de fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé. Il est question de discuter sur la souveraineté alimentaire, les enjeux, acquis et les perspectives…

Les mesures et directives présidentielles au rendez-vous 

Dans sa présentation, Aboubacar Sow a rappelé un certain nombre de directives du président de la République qui ont été exécutées. Il s’agit de l’annulation de la dette paysanne à hauteur de 11,5 milliards FCFA, de la subvention des intrants et du matériel agricole à hauteur 50% et 60% respectivement, de la mise en place d'un fonds de commercialisation du riz de cinq (05) Milliards FCFA logé à la Banque Agricole (LBA), Gel des importations pour les cultures horticoles (tomate et oignon). 

À cela s’ajoutent les quotas imposés aux importateurs pour faciliter l'écoulement du riz sénégalais mais aussi, la suppression de la prime fixe sur les factures d'électricité des stations de pompage et des rizeries de la VFS. Récemment, la décision du Conseil des ministres du 23 février 2022, d'allouer une subvention de 32 francs CFA sur le kilogramme de riz paddy dont 2F francs destinés à la prise en charge de la tierce-détention au niveau des rizeries. 

Amélioration de la base productive : 40.643 ha aménagées 

Il s’agit de 16 267ha de nouveaux aménagements et 24 376ha de superficies réhabilitées et réceptionnées, 952 km d'axes hydrauliques curés et faucardés avec un impact sur l'amélioration de la qualité du service de l'eau et l'exploitabilité des périmètres irrigués. mais également 186 km de pistes de production et de desserte pour faciliter l'évacuation des productions agricoles et l'accessibilité des sites.

Modernisation et renforcement de la mécanisation, des équipements de pompage et infrastructures de stockage

À ce niveau, le directeur général de la SAED rappelle l’acquisition de 259 tracteurs, 97 Moissonneuses batteuses, 105 batteuses ASI et 231 offsets, la fourniture et l'installation de 1119 Groupes Motopompes et 8 stations de pompage et l’augmentation de la Capacité de stockage de 52 150 tonnes additionnelles (construction de 72 magasins et installation de 150 tentes bâchées). Le taux de satisfaction des besoins en matériel agricole concernant les tracteurs est de 32% en 2011 à 85% en 2021, de même que les moissonneuses batteuses qui sont de 15% en 2011 à 52% en 2021. 

Il faudra préciser l’engagement du secteur privé à investir ce segment de la transformation avec 25 nouvelles rizeries installées pour saisir les opportunités offertes par la mise en œuvre du PNAR. 

Dans le cadre de l’agriculture irriguée notamment pour la production rizicole, entre 2000 et 2011, la moyenne de production de paddy est de 232 362 tonnes par an. Entre 2011 et 2022, la production de riz est passée de 232362 tonnes de paddy à 409 671 tonnes, soit un taux d'accroissement de 76%, avec un pic de 462 621 tonnes en 2018. La production de paddy est passée d'un chiffre d'affaires de 42,9 milliards FCFA en 2012 à 50,7 milliards FCFA en 2021, avec un pic de 57,8 milliards FCFA en 2018. Sur les autres spéculations (oignon, tomate, l'arachide irriguée,..), entre 2000 et 2011 la moyenne est de près de 12 000 ha cultivés par an toutes spéculations confondues. 

Entre 2012 et 2020, le taux d'accroissement de 50% pour l'oignon, la production moyenne est passée de 75 662 tonnes entre 2000 et 2011 à 136 981 tonnes entre 2012 et 2021, soit un accroissement de 81%. Pour la tomate, elle baisse de 25% sur les superficies cultivées et de 34% sur la production (à cause de l’apparition de la bactériose). Concernant la patate douce, la production est passée de 26 687 tonnes en 2013/2014 à 53 899 tonnes en 2020/2021, soit un taux d'accroissement de 101%.  Le manioc est passé de 6 895 tonnes en 2013/2014 à 58 324 tonnes en 2020/2021. Pour la pomme de terre: la production est passée de 0 tonne en 2013/2014 à 83 160 tonnes en 2020/2021. Ainsi, pour ces 5 dernières de spéculations, le CA généré est estimé à 94 milliards FCFA. Il faut rappeler que sur les 40 216 ha cultivés, 59% exploités par des privés. 

La concurrence déloyale est aussi à signaler. Alors que les agriculteurs familiaux n’ont pas la résilience pour faire face. Les jeunes producteurs doivent être mieux soutenus. Dans le département de Dagana avec ses communes que sont: Ronkh, Diama, Ross-béthio, Rosso, Richard Toll, Dagana, Bokhol, Gaya, Mbane, Ngnith et Sandjiry, des mesures doivent être consenties face aux contraintes. 

Mesures urgentes à prendre face aux contraintes identifiées et des moratoires soutenables pour les agriculteurs 

Dans le cadre du crédit agricole, il faudra étudier la possibilité d'accorder des moratoires soutenables aux OP endettées auprès de LBA ou indemniser les producteurs sinistrés, des périmètres dégradés et infestation des axes hydrauliques par les plantes aquatiques. Dans ce sens, il faut débloquer un financement de 400 millions FCFA pour pour le programme de maintenance (réfection des périmètres et de maintenance des axes hydrauliques). 

Face à l’insuffisance de matériels agricoles, il faudra accélérer la mise à disposition du matériel agricole acquis dans le cadre du programme inter mag et renforcer le quotas en moissonneuses batteuses à chenilles (pour la récolte de la SSC 2024 en plein hivernage)insuffisance de matériels d'irrigation (GMP). Il est nécessaire selon les agriculteurs d’allouer un budget conséquent pour la poursuite du programme de renouvellement des GMP. La pression aviaire, insectes, ravageurs pour renforcer la lutte anti aviaire par l'achat de drones et de produits Difficultés de commercialisation du riz (prix paddy et riz blanc non compétitifs). Mais aussi, garantir la pérennisation de la subvention de 32F/Kg de paddy et accélérer les paiements en cours. 


Face aux risques de soudure en zones sinistrées il est impératif de prévoir des kits alimentaires en soutien aux victimes.
Samedi 21 Octobre 2023
Dakaractu