Delivery Unit en Afrique : Le modèle Sénégalais plane sur le continent.


Le Maroc entend dynamiser son système de suivi opérationnel à travers des modèles pertinents comme celui développé par le Bureau opérationnel de suivi du PSE(BOS) au Sénégal. Une ambition dévoilée ce week-end lors de l’atelier technique de renforcement de capacité des Delivery Unit africaines tenu à Marrakech.

 

Le Bureau opérationnel de suivi du PSE(BOS) au Sénégal se positionne comme le leader des Delivery Unit en Afrique. Son cadre méthodologique de suivi qui a été exposé lors de la rencontre de Marrakech et il a séduit plus d’uns. Un cadre opérationnalisé autour de trois axes d’intervention à savoir la Structuration de projets et réformes, le Suivi opérationnel et la Résolution de problèmes et l’évaluation des impacts des actions phares livrées. Avec un système beaucoup plus allégé, le Bureau opérationnel de suivi du PSE, qui est l’équivalent de l'unité de Suivi et de coordination Marocaine, travaille sur 27 projets phares déclinés en 108 composantes et 17 réformes à mener dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent. Il fait une remontée chaque semaine, au chef de l’Etat de l'avancement des actions prioritaires de ce référentiel unique des politiques publiques du Sénégal.

 

Au Maroc les 30 commissions interministérielles qui aident à des prises de décision du Conseil de Gouvernement sur les chantiers stratégiques et assurent le suivi stratégique et la facilitation de l’implémentation des projets, des réformes et des mesures prévus par le programme gouvernemental, ne se réunissent que 2 fois par an. Il en résulte que le système ne parvient à remonter que 52 mesures au Chef du gouvernement laissant ainsi en rade 411 projets par semaine qui échappent au dispositif de suivi-évaluation. Ce qui fait dire à Ahmed Khalid Benomar, Chef de la D.U marocaine que l’objectif du Maroc est de faire de sa delivery unit « un outil utile, efficace et créatrice de valeur ajoutée », à l’image de celui développé par la Sénégal et la Finlande.  

Organisé par le cabinet du Chef de Gouvernement Marocain en partenariat avec le BOS et avec le concours de plusieurs partenaires comme la Banque Mondiale, la BAD, l’OCDE, la Finlande, cette rencontre présidée par le Secrétaire Général du Gouvernement Marocain, a permis au Royaume de dessiner les contours de ses ambitions en matière de Suivi opérationnel. 

 

« La delivery unit marocaine remplit convenablement la mission qui lui a été confiée depuis sa création. L’objectif de cet atelier technique est toutefois de voir comment elle peut améliorer ses process et son fonctionnement, notamment en regardant de plus près ce qui se fait ailleurs dans d’autres pays et en interpellant des spécialistes », a déclaré Lahbib El IdrissiLalami, Secrétaire Général du Département du chef du gouvernement marocain. Quoi de plus naturel alors que de s’inspirer du modèle Sénégalais dont la présentation a séduit lors de cette rencontre de haut niveau les experts marocains et internationaux.

 

Les secrets du suivi opérationnel sénégalais

Interrogé sur les raisons du succès du Bureau Opérationnel de suivi du PSE, considéré comme un modèle en Afrique, ce qui explique qu'elle porte actuellement la présidence du réseau des DU africains avec l'appui de la BAD ; le Directeur général du BOS Me El Ousseyni Kane a rappelé l’ancrage institutionnel au niveau de la présidence de la république. Il estime que cela permet  « une prise de décision rapide et des arbitrages stratégiques efficaces ». Le BOS, selon Me Kane, apporte « une assistance efficiente aux ministères sectoriels dans la structuration des projets et réformes complexes pour permettre leur maturation rapide afin de mobiliser les financements nécessaires, et fait le suivi opérationnel et la résolution des problèmes à cheval entre plusieurs ministères ».

 

Pour parvenir à ses objectifs le Directeur du BOS explique qu’une Delivry unit doit toujours éviter de se positionner en « police » de la mise en œuvre des projets et réformes dans son périmètre de suivi. Il doit se contenter de « fournir à la haute autorité des outils importants d’aide à des prises de décisions stratégiques grâce à des informations crédibles. Il doit par ailleurs développer des relations de partenariats et de confiance avec les structures d'exécution en leurs apportant les conseils et l'assistance nécessaires dans la mise en œuvre et ne jamais oublier qu'il n’est pas le maître d'œuvre », a déclaré Me Kane.

En vue d’adopter une feuille de route détaillée et de mettre en place les organes de gouvernance du réseau, un atelier technique se tiendra au mois de janvier 2020 à Naïrobi au Kenya.

Jeudi 7 Novembre 2019
Dakaractu



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