Déclaration de politique générale : Moussa Tine dénonce l’absence de solutions et interpelle le gouvernement


Au lendemain de la déclaration de politique générale du Premier ministre, le Front pour la République et la Démocratie (FDR) a tenu, mercredi soir, une conférence de presse au siège de Taxawu Dakar, à Sacré-Cœur. Face à la presse, Moussa Tine a livré une lecture très critique de la situation du pays et des orientations présentées par le gouvernement.
Pour le responsable du FDR, le Sénégal « marche à reculons ». Il s’appuie notamment sur le constat dressé, selon lui, par le Premier ministre, qui aurait reconnu que le pays était passé « du quatrième sous-sol au cinquième sous-sol ». « Les problèmes se sont accentués et il n’y a pas de solution qui a été proposée », déplore-t-il.
Moussa Tine estime que les Sénégalais attendaient de la déclaration de politique générale des réponses concrètes à leurs difficultés. Il cite notamment l’emploi, le pouvoir d’achat, le coût de la vie et la situation des entreprises. « Ce qu’on attendait du gouvernement, c’est qu’il dise qu’on va soulager les Sénégalais, créer des emplois, créer de la richesse et attirer de nouveaux investissements », souligne-t-il.

« Il ne faut pas chercher à se donner une nouvelle légitimité »
Moussa Tine refuse également que le gouvernement actuel présente la situation comme étant uniquement l’héritage du régime précédent.
« Le bilan qui a été présenté hier, c’est le bilan des deux années de gouvernance passive. Il ne faut pas venir ici chercher à se donner une nouvelle légitimité », affirme-t-il.

Évoquant le départ d’Ousmane Sonko de la Primature, Moussa Tine s’interroge sur les raisons de cette évolution. « Très sérieusement, lorsque j’ai écouté hier le Premier ministre, je me suis demandé si M. Ousmane Sonko n’avait pas fait exprès de provoquer son limogeage pour fuir devant ses responsabilités », lance-t-il.

Il estime par ailleurs que plusieurs promesses de rupture n’ont pas encore produit les résultats annoncés, citant notamment la réforme des agences et organismes publics, la gouvernance et la justice.

Une pression fiscale qui inquiète

Moussa Tine s’alarme également de l’endettement du Sénégal et des sommes dues par l’État aux entreprises. Selon lui, demander davantage d’efforts fiscaux aux entreprises alors que l’État peine à honorer ses engagements risque d’aggraver les difficultés économiques.

« La seule solution qu’on nous propose, c’est de saigner le peuple », dénonce-t-il.
Il redoute notamment les conséquences de la suppression des subventions sur les entreprises. « Si vous enlevez la subvention pour les entreprises, le coût de production va augmenter. Si le coût de production augmente, ça va être répercuté sur le prix du pain », explique-t-il.

Selon lui, cette politique risque également de mettre davantage à contribution la classe moyenne et les travailleurs, alors que de nombreuses familles dépendent déjà de la solidarité de leurs proches.

« Les Sénégalais veulent juste vivre »

Moussa Tine critique enfin le discours souverainiste du pouvoir, estimant que le Sénégal ne peut se développer en vase clos. « Personne ne peut vivre en vase clos. Nous sommes obligés de capter de la ressource internationale », soutient-il.
Pour lui, les Sénégalais attendent surtout des résultats concrets plutôt que des discours. « Ce que les Sénégalais veulent, c’est juste vivre. Ils veulent avoir les moyens d’accéder à un meilleur niveau de vie », insiste-t-il.
En conclusion, Moussa Tine appelle les dirigeants politiques à davantage de cohérence entre leurs promesses et leurs actes. « La vérité en politique aujourd’hui, c’est de pouvoir dire ce qu’on fait et de faire ce qu’on dit », affirme-t-il, invitant le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités et à apporter des réponses concrètes aux difficultés desSénégalais.


Jeudi 10 Septembre 2026
Idy Sow