Déclaration de Politique Générale 2026 : La COSYDEP réclame un cadre normatif rénové pour l’éducation


Dans le cadre de la Déclaration de Politique Générale 2026, la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Education Publique (COSYDEP) a formulé une série de recommandations pour une refonte du cadre normatif de l’éducation au Sénégal. L’organisation articule ses attentes autour de trois axes prioritaires : la loi sur l’obligation scolaire, la loi d’orientation de l’éducation et l’adoption d’un Code de l’enfant.

 

Sur le premier point, la COSYDEP rappelle que l’obligation scolaire constitue un engagement de l’État à garantir effectivement le droit à l’éducation, à la fois comme exigence de justice éducative et comme investissement économique et social. La coalition estime qu’il ne suffit pas de proclamer l’école obligatoire : il faut créer les conditions permettant à chaque enfant d’y entrer, d’y rester, d’apprendre et d’achever son parcours dans des conditions dignes, ce qui suppose une meilleure articulation des obligations en matière d’infrastructures, de recrutement d’enseignants, d’équipements, de supports, de transport et d’alimentation scolaire. La loi devrait également mieux identifier les catégories d’enfants vulnérables, enfants handicapés, issus de ménages pauvres, travailleurs, vivant dans la rue, filles exposées au mariage ou aux grossesses précoces, enfants déplacés ou affectés par des crises, ou vivant dans des zones enclavées afin de prévoir des mesures spécifiques en leur faveur.

 

Concernant la loi d’orientation de l’éducation, la COSYDEP juge le cadre actuel insuffisamment adapté aux transformations profondes qu’a connues le Sénégal depuis l’adoption du texte en vigueur, qui date de 1991 : évolution démographique, transformation du marché du travail, développement du numérique et de l’intelligence artificielle, changement climatique, nouvelles exigences en matière de compétences, expansion de la privatisation, diversification de l’offre éducative, et montée des préoccupations liées à l’inclusion et à la protection de l’enfant. Malgré des modifications apportées en 2004, l’organisation appelle à une nouvelle loi capable d’actualiser les finalités de l’éducation nationale et de mieux articuler les nombreuses réformes engagées, dans un cadre cohérent assurant leur continuité, leur articulation et leur évaluation.

 

Le troisième axe porte sur l’adoption d’un Code de l’enfant, destiné selon la COSYDEP à renforcer le dispositif de protection des élèves face aux violences physiques et psychologiques, à la négligence, à l’exploitation ou à la discrimination, qu’elles surviennent en milieu familial, communautaire ou scolaire. La coalition cite notamment les abus sexuels, le harcèlement, l’exploitation économique, le travail des enfants, les mariages précoces, les pratiques néfastes et les risques liés à l’environnement numérique comme autant de menaces pesant sur le développement et la réussite scolaire des enfants. Pour la COSYDEP, l’école ne peut pleinement remplir sa mission éducative si l’enfant n’est pas protégé, le droit à l’éducation étant indissociable du droit à la sécurité, à la dignité, à l’intégrité physique et morale et à un environnement protecteur. Le Code devrait ainsi consacrer l’intérêt supérieur de l’enfant, harmoniser et rendre plus lisibles les droits et mécanismes de protection existants, et clarifier les responsabilités respectives de l’État, des collectivités territoriales, des familles, des établissements scolaires et des communautés.

 
Mardi 8 Septembre 2026
Dakaractu