Dans un communiqué publié ce mardi après la décision du Conseil Constitutionnel, le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes a fait part de sa vive inquiétude quant à l'avenir de la proposition de loi visant à encadrer le régime juridique des crédits spéciaux, communément appelés « fonds politiques ». Déposée devant l'Assemblée nationale, cette initiative législative se veut un complément au dispositif normatif en faveur de la transparence dans la gestion publique, selon ses promoteurs.
Toutefois, le groupe parlementaire déplore ce qu'il perçoit comme une opposition systématique de la part du chef de l'État. « L'opinion publique est aujourd'hui témoin que le Président de la République tient ardemment à ses fonds politiques, si bien qu'il a activé tous les instruments de blocage des réformes de rupture qu'il avait pourtant promises au peuple sénégalais », peut-on lire dans le document.
Les députés de PASTEF accusent ainsi le président de la République de violer ses engagements électoraux et les promesses formulées durant la campagne présidentielle. Selon eux, les fonds politiques, "sans contrôle ni vérification", continueront d'être un instrument de gouvernance opaque, en dépit des aspirations populaires à une gestion plus rigoureuse et transparente.
Malgré ce revers, le groupe parlementaire affirme sa détermination à poursuivre le projet d'encadrement des fonds politiques, même si sa mise en œuvre se heurte à des "leviers présidentiels de blocage" utilisés de manière récurrente. "À terme, cette loi, ainsi que toutes celles qui participent à la transparence dans la gestion des deniers des Sénégalais, verront le jour", martèle le communiqué qui ajoute que « cette dynamique de transparence peut être enrayée, mais elle ne saurait être interrompue. » Une déclaration qui sonne comme un avertissement adressé à la majorité présidentielle, alors que le débat sur la gouvernance et la redevabilité politique reste au cœur des préoccupations citoyennes.
Le groupe PASTEF-Les Patriotes conclut son message en réitérant son attachement à la cause de la transparence, qu'il entend défendre coûte que coûte, quels que soient les obstacles institutionnels. L'issue de ce bras de fer législatif reste incertaine, mais la bataille politique, elle, ne fait que commencer.