Décès de Jean d’Ormesson


Décès de Jean d’Ormesson
Auteur de « la gloire de l’empire » qui lui valut le prix de l’académie française qu’il intégra depuis plus de 40 ans, entré  la pléiade de son vivant,-fait rarissime-  le comte Jean d’Ormesson est décédé dans la nuit   4 au 5 décembre 2017.il avait 92 ans. Mort à laquelle il a fait face avec beaucoup de courage et de sérénité, malgré le cancer qui le rongeait. Toujours pétillant d’intelligence.
C’est lui qui fit entrer Marguerite Yourcenar à l »Académie française et  milita ardemment pour la présence des musulmans à cette même  Académie.
Normalien agrégé de philosophie, journaliste, acteur, il était d’abord un écrivain à la langue exquise, savoureuse et précise, doté d’une vaste culture, surtout classique. Journaliste, il a dirigé le Figaro.
Européen convaincu Jean d’Ormesson était aussi un homme de droite, avec des idées de droite ; ce qui lui valut une vive contestation notamment sur de Jean Ferrat qui lui reprochait ses positions sur me Viêt-Nam.
Voici ce qu’il disait de l’Afrique : «  j’ai une grande affection pour le continent africain. Carthage, la vallée du Nil, Kairouan, les manuscrits de Tombouctou m’ont intrigué et fait rêver. Claude Lévi-Strauss et d’autres m’ont souvent parlé de l’originalité profonde de certains royaumes africains comme l’Empire Songhaï, le Royaume de Sokoto, les Massaïs, les peuples de l’Afrique des Grands Lacs, le Ghana ou les Touaregs. Je me suis beaucoup intéressé à la grande école d’art africain d’Ife au Nigéria : une des civilisations les plus originales d’Afrique noire. Je crois que c’est en renouant avec ses spécificités profondes que l’Afrique « avancera » vers une modernité qui n’est peut-être pas la nôtre. Il est même souhaitable qu’elle soit radicalement différente. Construire des villes, commercer, prendre part à la mondialisation en marche n’est que l’écume des choses. Une civilisation se mesure aussi à sa cohésion et à la vision originale du monde ».
Séducteur et toujours courtois il a séduit les français quelle que soit leur appartenance politique. Le plus illustre fut François Mitterrand. Son écriture était belle et somptueuse.
J’ai eu la chance d’écouter sa  dernière interview  accordée à la journaliste Audrey Crespo-Mara en septembre 2017.
J’ai été frappé par ses propos sur le bonheur, la vie, l’amour : « j’ai amé passionné la vie, mais je ne détesterais pas de mourir ».
Avec la disparition de Jean d’Ormesson- cet Immortel décidément immortel-  la France perd un de ses derniers grands romanciers. Et le monde l’auteur d’une œuvre inachevée, comme toute grande œuvre.


Pr. Hamidou Dia CS/PR
Mardi 5 Décembre 2017
Dakaractu



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