De la « Pastef Formula » à la « Kiiray Formula » : Guy Marius Sagna interroge le virage économique du pouvoir


Réagissant à la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo, le député Guy Marius Sagna a vivement critiqué les conditions dans lesquelles l'accord technique avec le Fonds monétaire international a été négocié. S'appuyant sur l'article 96 de la Constitution, le parlementaire a reproché à l'exécutif d'avoir engagé le pays dans ce processus sans concertation préalable avec la représentation nationale. « Vous avez donné la voix du Sénégal au FMI sans discuter avec l'Assemblée nationale », a-t-il lancé à l'adresse du gouvernement.
 
Le député a également livré une lecture critique de l'évolution de la ligne politique du pouvoir depuis l'alternance de mars 2024. Selon lui, la méthode portée pendant deux ans par Ousmane Sonko à la tête du gouvernement, qu'il a qualifiée de « Pastef Formula » aurait cédé la place à une approche différente sous l'actuel Premier ministre, qu'il a désignée par l'expression « Kiiray Formula ». Une manière, pour l'élu, de marquer une rupture qu'il estime perceptible dans le traitement des dossiers économiques et financiers du pays.
 
Sur le fond, Guy Marius Sagna a tenu à préciser la position de son camp politique face aux critiques sur l'ouverture économique du Sénégal. « Nous n'avons jamais prôné l'autarcie », a-t-il affirmé, tout en soulignant que Pastef reste opposé à une économie qu'il a qualifiée d'« extravertie ». Il a ensuite mis directement en cause le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, l'accusant d'avoir consacré 500 millions de francs CFA à sa propre fondation, une initiative qu'il a jugée « inédite » et difficilement compréhensible dans le contexte actuel. « Pendant que les Sénégalais souffrent, Diomaye a offert 500 millions », a-t-il dénoncé, s'interrogeant sur la création par un président de la République de sa propre fondation.
 
Ces prises de position sont formulées en marge des débats consécutifs à la Déclaration de politique générale du Premier ministre et illustrent les tensions persistantes entre certains éléments de la majorité parlementaire et l'exécutif sur la conduite des négociations financières internationales et la cohérence de la ligne économique du pouvoir en place.
Mardi 8 Septembre 2026
Dakaractu