Dans une note servant d’analyse, le député Abdou Mbow, membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a dénoncé une « déstructuration » avancée de l’administration sénégalaise. Le parlementaire a pris pour point de départ un épisode jugé symptomatique : la conférence de presse organisée par le directeur des ressources humaines de l’AGEROUTE, Cheikh Ahmed Tidiane Thiam, qui a publiquement dénoncé des « dérives managériales et violations flagrantes des textes réglementaires » sous la direction de Moustapha Fall, nommé directeur général en décembre dernier. Pour Abdou Mbow, si les faits allégués s’avèrent fondés, le directeur général doit répondre de ses actes devant la justice.
Qu’un DRH tienne une conférence de presse contre son propre DG constitue, selon lui, une rupture inédite avec les standards républicains que les régimes de Senghor, Diouf, Wade et Macky Sall avaient su maintenir. Cette déliquescence institutionnelle, poursuit-il, se double d’une grave menace sur la sécurité numérique de l’État. Après le piratage des directions des Impôts et Domaines et de la Direction de l’automatisation du fichier, c’est désormais le Trésor public, avec la DGCPT qui vient d’être la cible d’une cyberattaque. Abdou Mbow s’indigne que la Division de la cybercriminalité, censée protéger ces infrastructures névralgiques, soit selon lui davantage mobilisée à « traquer des chroniqueurs et des opposants » qu’à sécuriser les systèmes de l’État.
Le député pointe également la crise sociale qui couve à deux semaines de la Tabaski, évoquant une « grogne généralisée » parmi les paysans, travailleurs, artisans et acteurs du secteur informel. Il impute par ailleurs à Ousmane Sonko, dès son passage à la primature, une culture de l’insubordination qui aurait instillé le désordre au sein de l’exécutif et du législatif.
Pour finir, Abdou Mbow se prononce sur la libération de Farba Ngom, qu’il présente comme un cinglant démenti infligé à ceux qui avaient annoncé la fin de la carrière politique de l’ancien allié de Macky Sall.