« Dans la peau d’un journaliste au Sahel » : Le rapport de RSF qui met à nu « les lourdes tendances de restriction des libertés »


Dans le cadre d’une campagne appelée : Sauver le journaliste au Sahel, Reporters sans frontières a présenté ce matin son rapport né du constat de la détérioration progressive de la sécurité des journalistes avec la présence des groupes armées d’une part. 

D’autre part, ce rapport d’une quarantaine de pages décrit les « nouveaux ennemis des journalistes locaux… » de manière générale. Ce rapport, intitulé, « Dans la peau d’un journaliste au Sahel » prend en compte les pays du Sahel notamment le Mali, Burkina, Niger, Tchad et Bénin …). 

D’après Sadibou Marong, directeur de Reporters sans frontières section Afrique de l’Ouest, « être dans la peau d'un journaliste au Sahel signifie devoir faire face à des bandes armées radicales de plus en plus présentes qui n'hésitent pas à assassiner des journalistes quand elles ne les enlèvent pas pour s'en servir de monnaie d'échange. Selon le farouche combattant pour la cause des journalistes, avec ce contexte sécuritaire dégradé auquel nous assistons, il faut aussi savoir composer avec de nouveaux pouvoirs installés à la faveur de coups d'État et qui imposent à la profession leur conception du journalisme et leurs "injonctions patriotiques". Il faut encore apprendre à évoluer avec la milice de Wagner, qui exerce une influence de plus en plus palpable sur le marché de l'information régionale, mais il faut surtout déjouer les pièges des mercenaires de la désinformation.

Reporters sans frontières estime qu’au Sahel, les dangers sont désormais multiples, tout comme les entraves imposées par les États qui limitent souvent de façon arbitraire la liberté de circulation et le droit d'informer des journalistes, notamment dans les régions où sont déployés les groupes armés. « Dans la peau d'un journaliste au Sahel » décrit les nouveaux ennemis des journalistes locaux et de la presse étrangère, puis interroge les moyens de relever le défi d'informer en rappelant des initiatives de résilience et préconisant un certain nombre de recommandations. 

Pour Sadibou Marong, « cette partie du continent africain est dangereusement en train de devenir une région privée de journalistes indépendants et d'informations fiables, où l'autocensure devient la norme ». Ainsi, pour éviter que le Sahel ne devienne une zone de non-information, ce rapport de Reporters sans frontières lance un appel aux États de la région car, un sursaut est nécessaire pour ne pas priver 110 millions de Sahéliens de leur droit élémentaire à être informés."
 
Lundi 3 Avril 2023
Dakaractu