Dans l'air du temps / Meutre de George Flyod, déboulonement des statues : l'Humanité se fédère. (Par Gallo Thiam)


Dans l'air du temps / Meutre de George Flyod, déboulonement des statues : l'Humanité se fédère.  (Par Gallo Thiam)
Du premier point de vue, nous en tirons deux enseignements majeurs : l'absurdité d'un crime odieux qui fait renaître de ses cendres les vieux démons de la ségrégation, nous connectant à une vieille croyance, l'inégalité des races ; d'où la naissance d'une nouvelle conscience planétaire, implacable, déclenchée par le caractère raciste qui a occasionné la mort par asphyxie de George Flyod. 

Horrible, la violence policière au pays de l'oncle Sam ! Les images ont été des mots avec tout leur frisson, et, le regard de George, une combinaison de plaintes qu'aucune émotion visuelle ne saurait traduire. Le mal est profond, il s'est même sédimenté au fond de l'abîme. Il remet en selle la brutalité humaine d'un âge révolu qui, au détours de la perte d'un enfant ou la mort d'un compagnon, convoque une menace, celle d'anéantir une race. Malheur à mister George Flyod, un Afro-American, qui s'est retrouvé au mauvais moment, plaqué au sol, et martelant impuissament : "JE NE P-E-U-X PLUS RES-PI-RER", sous le regard reprobateur de son bourreau. Nous sommes loin de la fin de la barbarie excessive du pouvoir blanc qui n'a d'ambition que d'exterminer  les descendants de Martin Luther King, de Paul Laurence Danubar et autres. Des étranglements par asphyxie seraient-ils programmé pour ôter la vie à d'autres innocents, sans défense ? C'est là, sans doute, toute l'explication qu'il faudrait donner au vandalisme révolutionnaire constaté un peu partout, déboulonnant à tout vent des statues "immortelles" qui frisent plus de cent ans de présence. Il fallait que ce jour arrivât pour l'Humanité se fédère  répondre aux angoisses devenus de plus en plus rongeurs. 

Les statues de Christophe Colomb, de Léopold II, vendues à prix d'or, jadis, très haut perchées, et, fierté des sculpteurs, sont devenues toutes encombrantes. Le passé colonial, ségrégationiste, criminel y est pour beaucoup. Traînées dans la BOUE, BRÛLÉES, RENVERSÉES, JETÉES ET NOYEES dans les eaux,  ces figures emblématiques taillées dans la pierre ou le marbre, coulées dans l'acier, le cuivre ou le  bronze, ont été ballotées dans tous les sens, au gré d'une folle hystérie collective. Et pourtant, aucune de ces silhouettes géantes n'a pris de rides, elles attiraient de par leur impressionnante présence, mais aujourd'hui, toutes ont perdu cette pureté contemplative qui leur prédestinait une jouissance éternelle. Si hier est un ancien aujourd'hui, demain est un jour où tout peut se détruire. 

Aujourd’hui, plus que par le passé, la dynamique des mutations en cours, elle-même induite par des vertus de liberté, de reconnaissance et d'égalité, doit être érigée en règles cardinales en ces temps modernes. En effet, si tant est la préhistoire de l'esprit de Darwin, de Gobineau ou des Lois du Sud qui essaiment jusqu'ici dans l'Amérique de Trump, il n’en reste pas moins vrai que le combat pour l'égalité des races passé par  la reconciliation de l'Homme avec lui-même qui revêt aujourd'hui une considération planétaire pour mettre un terme à nos maux d'existence.
Vendredi 19 Juin 2020
Dakaractu




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