Dakar Terminal Digital Forum : Le DG du Port de Dakar appelle à une transformation digitale fondée sur l'interopérabilité et la confiance numérique


La première édition du Dakar Terminal Digital Forum s'est tenue ce mardi, sous le thème « Le port de demain : accélérer la transformation digitale des métiers portuaires et de la logistique ». À cette occasion, le Directeur général du Port autonome de Dakar a plaidé pour une modernisation numérique fondée sur l'interopérabilité des systèmes, la confiance numérique et l'implication de tous les acteurs de la chaîne portuaire. Organisé à l'initiative de Dakar Terminal, filiale d'Africa Global Logistics (AGL) et concessionnaire du terminal roulier du Port autonome de Dakar, en collaboration avec la Communauté des acteurs portuaires (CAP) et le Système d'information communautaire (SIC), le forum a réuni des décideurs publics, des dirigeants, des acteurs portuaires et maritimes, des opérateurs logistiques, des entreprises technologiques, des start-up, des investisseurs et des experts. Au programme : une keynote d'ouverture, un panel de haut niveau et des présentations de solutions innovantes. La rencontre ambitionne de favoriser le partage d'expériences et de nourrir la réflexion sur l'avenir du secteur portuaire et logistique au Sénégal.
Dans son discours, le Directeur général a félicité Dakar Terminal, la communauté des acteurs portuaires, le système d'information communautaire et l'ensemble des partenaires, saluant le choix de « l'anticipation, de la coopération, mais surtout de la performance collective ». Il a présenté le port comme « un instrument stratégique de souveraineté économique, un moteur de création de valeur » et une porte d'entrée vers les marchés régionaux et internationaux. Il a inscrit son propos dans l'agenda national de transformation 2050, impulsé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui ambitionne de consolider la position du Sénégal comme plateforme logistique de référence en Afrique.
 
Le dirigeant a cité le développement du port de Ndayane, la modernisation du port de Dakar, le port de Bargny-Sendou et la valorisation des ports régionaux, des infrastructures qui, selon lui, doivent être pensées de manière complémentaire, en articulation avec les corridors logistiques et les besoins des pays de l'hinterland. Il a toutefois prévenu que « les infrastructures à elles seules ne suffiront pas » : la compétitivité se jouera aussi sur la capacité à mieux organiser les opérations, à partager la bonne information au bon moment, à réduire les délais, à maîtriser les coûts et à offrir aux usagers des services plus simples et plus fiables.
 
La transformation digitale constitue, à ses yeux, « le levier majeur » pour y parvenir. Dématérialisation des procédures, interconnexion des systèmes d'information, exploitation intelligente des données, automatisation et, lorsque cela est pertinent, intelligence artificielle : autant d'outils qui peuvent, a-t-il expliqué, améliorer la coordination des opérations, la traçabilité des flux et l'aide à la décision. Il a cependant averti que la valeur de ces technologies dépendra de la capacité de l'écosystème à fonctionner de manière intégrée, un système performant qui ne communique pas avec les autres, une donnée qui arrive trop tard ou une procédure numérique qui reproduit les lourdeurs du papier ne répondant pas aux ambitions portées. D'où l'importance, a-t-il insisté, de l'interopérabilité et du partage sécurisé de l'information, notamment à travers les dispositifs communautaires d'échange de données.
 
Le Directeur général a ainsi défini le « port intelligent » comme un port « où les acteurs sont connectés, où les processus sont maîtrisés, où les données sont fiables et protégées et où les décisions sont prises au bénéfice de la performance collective », et non comme un simple port équipé de technologies modernes. Il a appelé à une gouvernance « moderne, rigoureuse et transparente », à un dialogue permanent avec les partenaires et à une attention constante portée au capital humain, rappelant que la transformation digitale modifie les pratiques, les responsabilités et les métiers et doit être conduite avec les femmes et les hommes qui font vivre le port au quotidien. La confiance numérique a été présentée comme une condition indispensable. À mesure que les activités s'interconnectent, la disponibilité, l'intégrité et la confidentialité des systèmes et des données deviennent des enjeux opérationnels majeurs. La cybersécurité, la continuité d'activité et la maîtrise des risques doivent, selon lui, être intégrées dès la conception des projets et non traitées comme des préoccupations secondaires.
 
Soulignant qu'« aucun acteur ne peut à lui seul transformer toute la chaîne portuaire », il a énuméré les parties prenantes à mobiliser : autorité portuaire, opérateurs de terminaux, armateurs, consignataires, transporteurs, administration, prestataires logistiques et entreprises technologiques. Il a également plaidé pour des investissements dans les compétences et un environnement favorable à l'innovation, en citant les trois start-up retenues dans le cadre de l'appel à l'innovation, qui ont présenté leurs solutions au cours de la rencontre. Sa feuille de route se veut pragmatique : « Il ne s'agit pas d'innover pour innover », mais de mettre la technologie au service de résultats concrets et mesurables, avec des délais réduits, des opérations plus fluides, une sécurité renforcée, des coûts mieux maîtrisés et une meilleure qualité de service.
 
Le Directeur général a, enfin, invité les participants à faire de cette rencontre « un véritable point de départ », en identifiant des priorités communes et en partageant les retours d'expérience. Selon lui, le port de demain se construira par la capacité à conjuguer vision stratégique, gouvernance efficace, innovation utile, compétences, cybersécurité et engagement collectif. Conformément aux orientations du chef de l'État, le port de Dakar entend poursuivre sa modernisation avec ses partenaires pour bâtir une place portuaire « plus performante, plus connectée, plus compétitive et plus résiliente », au service de l'économie sénégalaise.
Mardi 20 Octobre 2026
Dakaractu