Dakar-Nave : L’État sort enfin Lisnave de l’eau… mais à quel prix ?


L’État du Sénégal tourne une page décisive dans l’histoire des chantiers de réparation navale de Dakar. Comme le révèle Libération, la procédure de sélection d’un nouvel exploitant a été officiellement lancée le 10 février par la Société des infrastructures de réparation navale (Sirn). Après plus de 25 ans de présence à travers Dakarnave, les Portugais de Lisnave vont devoir lever l’ancre.
 
Un appel international pour tourner la page
 
Un avis d’appel public à candidature a été publié hier dans Le Soleil pour un contrat de partenariat public-privé de 20 ans. L’enjeu ? Trouver un nouvel opérateur capable de reprendre, réhabiliter, financer, exploiter et entretenir les chantiers navals stratégiques de Dakar. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 25 mars pour soumettre leur dossier à la Sir.
 
Ce processus n’a rien d’improvisé. Comme le souligne Libération, il est le fruit d’un travail de fond mené sous l’ancienne direction de la Sirn, pilotée par Saliou Saliou, avant d’être repris par Babacar Faye, le nouveau directeur général, qui a signé l’appel d’offres.
 
Un contrat dénoncé, une gabegie pointée du doigt
 
Si ce départ de Lisnave est vu comme une nécessité, c’est parce que la gestion des chantiers navals par la société portugaise a été régulièrement critiquée. Depuis l’ère socialiste, son contrat jugé léonin a été dénoncé par tous les corps de contrôle. À tel point qu’il était devenu un symbole des accords déséquilibrés bradant des infrastructures stratégiques du pays à des intérêts étrangers.
 
En réalité, l’État avait déjà choisi un repreneur, mais le président Bassirou Diomaye Faye a exigé l’annulation de la procédure pour garantir plus de transparence et d’équité dans l’attribution du marché. Une décision qui a retardé le changement de gestionnaire… et qui a offert à Lisnave une prolongation de son contrat, pourtant officiellement expiré depuis juin 2024.
 
Lisnave prolonge… et l’économie trinque ?
 
C’est là que le bât blesse. Libération alerte sur le coût de chaque jour supplémentaire accordé à Lisnave. Chaque seconde où la société portugaise conserve la main sur Dakar-Nave représente une perte financière importante pour l’économie nationale. Une prolongation forcée qui suscite des interrogations : à quel prix l’État continue-t-il de tolérer cette situation ?
 

Alors que la recherche d’un nouvel exploitant est en cours, l’opinion publique attend des réponses. Qui succédera à Lisnave ? Et surtout, le Sénégal parviendra-t-il enfin à transformer ses chantiers navals en un véritable levier économique, libéré des contrats opaques du passé ? Affaire à suivre…
Mardi 11 Février 2025
Dakaractu