"DSK, un libertin agréable qui s'assume", selon l'escort-girl


L'une des deux escort-girls employées par le patron de BTP Eiffage a livré un témoignage clé sur le déroulement des affaires de proxénétisme auxquelles DSK serait intimement lié, relate M6.

Florence V. et sa collègue seraient les deux escort-girls qui ont accompagné Jean-Christophe Lagarde (chef de la sûreté départementale du Nord) et David Roquet (le dirigeant de BTP Eiffage) ainsi que Fabrice Paszkowski (dernier inculpé qui se prétend juste voyeur) à Washington. Durant ce voyage, elles auraient vu Dominique Strauss-Kahn, qu'elles connaissaient déjà depuis des rencontres coquines au Carlton de Lille, pour une nuit de libertinage à l'hôtel 4 étoiles W.

Témoin-clé en faveur de DSK
Car c'est bien de libertinage entre adultes consentants dont il s'agit, précise l'escort. La trentenaire aux cheveux bruns, originaire de la banlieue de Valenciennes et qui roule avec l'élégant coupé sport de son fiancé, qualifie même DSK d'homme "plutôt agréable et charismatique". Elle s'éloigne en cela des déclarations de violences qui auraient eu lieu à Lille à l'encontre d'une prostituée lors d'une partie fine.

"C'est un libertin qui assume. Il n'a pas été violent avec moi", affirme encore l'escort-girl. Et si le témoignage de celle-ci compte autant aux yeux de la police et de l'enquête, c'est parce qu'elle était présente lors des orgies du Carlton de Lille et qu'elle pourrait attester de la véracité des dires d'une prostituée malmenée durant une partouze.

Femmes cultivées, libertines, consentantes
Au cours de cette soirée, libertines et prostituées évoluaient librement dans le restaurant du Carlton où elles passaient de doux moments avec des hommes, dont Dominique Strauss-Kahn. Celui-ci aurait atterri dans ces orgies lilloises après y avoir "initié" Fabrice Paszkowski à Paris à plusieurs reprises, relate Le Point en citant David Roquet. Celui-ci organisait les soirées avec des "copines" et des couples. Paszkowski, pas friand d'acte sexuel, était "uniquement voyeur".

Lesdites "copines", quant à elles, étaient toutes des femmes actives (architectes, photographes) et cultivées, capables de parler politique avec DSK, ce que le politicien savait apprécier. Certaines étaient prostituées, d'autres pas. Mais toutes étaient là de leur plein gré pour des relations libertines ou tarifées.

Abus de bien sociaux
Y compris lors du fameux voyage des escorts à Washington en compagnie du trio Roquet-Lagarde-Paszkowski dans le but de distraire DSK. Ses "filles" auraient été payées en liquide, affirme Florence V. qui ne parle pas du montant exact de ses rémunérations. L'ironie de ces nouvelles révélations veut que DSK ait été arrêté le lendemain de la soirée coquine au W Hotel. C'est là que le dossier Sofitel était parti en vrille.

Mais si DSK n'a pas été violent, il risque malgré tout des poursuites. Non pas pour avoir participé à des orgies ou avoir passé un bon moment avec les "copines" d'un ami à Washington, mais parce qu'il était sans doute au courant que les deux patrons d'entreprises venus aux USA avec les jeunes femmes les payaient. Complice de ce proxénétisme, il pourrait être poursuivi pour recel d'abus de biens sociaux. Ce fut notamment le cas de Jean-Christophe Lagarde, lequel n'aurait pas mis la main au portefeuille mais est soupçonné d'avoir joui des voyages et de services de prostituées. Il avait prétexté rejoindre DSK à Washington pour lui parler de sécurité intérieure.

Au total, huit personnes sont inquiétées par la justice française pour proxénétisme aggravé en bande organisée et association de malfaiteurs. Mais tant qu'il n'est pas prouvé que DSK profitait sciemment des agissements de proxénètes, il n'a - pour l'instant - officiellement "rien à se reprocher". D'autant que tous les protagonistes de l'affaire semblent s'accorder pour le disculper.

(acx)


( 7sur 7.be )
Jeudi 27 Octobre 2011