DPG : Guy Marius Sagna attaque Al Aminou Lo sur le FMI et annonce une nouvelle mise en accusation de Macky Sall

Lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Al Aminou Lo à l’Assemblée nationale, Guy Marius Sagna a livré une intervention particulièrement offensive. Le député a accusé le gouvernement de s’éloigner de la ligne souverainiste défendue par Pastef, dénoncé ce qu’il considère comme une soumission au FMI, opposé une « Sonko Formula » à une « Diomaye Formula » et annoncé qu’une nouvelle proposition de mise en accusation de l’ancien président Macky Sall serait prochainement déposée.


Le ton a été particulièrement dur. Face au Premier ministre Al Aminou Lo, Guy Marius Sagna n’a pas ménagé le gouvernement, mettant en cause à la fois sa ligne économique, sa relation avec le Fonds monétaire international et sa conception de la souveraineté.
 
Dès le début de son intervention, le député a contesté la posture républicaine revendiquée par l’exécutif.
 
« Vous et votre gouvernement, vous vous targuez d’être des républicains. Être républicain, c’est respecter les lois », a-t-il lancé au chef du gouvernement.
 
Guy Marius Sagna a ensuite reproché à Al Aminou Lo d’avoir engagé le Sénégal auprès du FMI sans, selon lui, avoir préalablement associé l’Assemblée nationale. Il s’est appuyé sur l’article 96 de la Constitution, qu’il a cité à la tribune, affirmant que les accords engageant les finances de l’État ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu’en vertu d’une loi.
 
Pour le député, cette situation constitue une contradiction avec le discours républicain du gouvernement.
 
« Vous avez donné la voix du Sénégal, l’accord du Sénégal au FMI, sans pour autant discuter d’abord avec l’Assemblée nationale. C’est un problème, ce n’est pas être républicain », a-t-il accusé.
 
Guy Marius Sagna a surtout cherché à opposer deux lignes politiques.
 
D’un côté, ce qu’il appelle la « Sonko Formula » ou la « Pastef Formula », qu’il associe à une politique sans hausse généralisée, sans restructuration, sans ajustement structurel et sans « soumission au FMI ».
 
De l’autre, il dénonce une « Diomaye Formula », qu’il présente comme marquée, selon lui, par des hausses de prix et un rapprochement avec les institutions financières internationales.
 
« Depuis que Sonko est parti, depuis que Pastef a quitté le gouvernement, ce sont des hausses des prix à n’en plus finir et les populations sont fatiguées », a-t-il soutenu.
 
Le député est allé plus loin en accusant le gouvernement de conduire le Sénégal vers une perte de souveraineté.
 
Selon lui, le pays ne serait plus engagé sur une trajectoire d’indépendance économique, mais se trouverait désormais « sous le contrôle du FMI ».
 
Dans l’un des passages les plus virulents de son intervention, Guy Marius Sagna a estimé avoir parfois eu le sentiment de ne pas être face au Premier ministre du Sénégal, mais face au « président du Conseil d’administration des intérêts du FMI ».
 
Une formule particulièrement forte par laquelle il reproche à Al Aminou Lo d’avoir, à ses yeux, trop défendu l’institution financière internationale devant les députés.
 
« Je vous ai entendu dire du bien sur le FMI, essayer de convaincre la représentation nationale qu’il ne faut pas avoir peur du FMI, qui n’a jamais développé un pays », a-t-il déclaré.
 
Guy Marius Sagna a ensuite insisté sur ce qu’il considère comme la différence fondamentale entre Pastef et la nouvelle orientation économique de l’exécutif.
 
Pour lui, Pastef demeure opposé à une « économie extravertie » et au fait de recevoir des « diktats à Bretton Woods ou à Paris ».
 
L’élu affirme ainsi que les divergences actuelles ne relèvent pas simplement d’une différence d’analyse économique, mais d’une rupture sur la question de la souveraineté.
 
Le député a également reproché au Premier ministre d’avoir répété à plusieurs reprises que l’État ne disposait pas de suffisamment de ressources financières.
 
Reprenant l’expression wolof « amou niou xalis », qu’il attribue au chef du gouvernement, Guy Marius Sagna a confronté ce discours à plusieurs situations sociales.
 
Il a évoqué les personnes impactées par le TER, présentes selon lui devant l’Assemblée nationale, ainsi que les anciens travailleurs de plusieurs anciennes sociétés, dont la SOTRAC et AMA Sénégal, engagés dans une grève de la faim.
 
Il a aussi mentionné la situation de Ziguinchor, affirmant que la ville attend depuis plusieurs décennies la réalisation d’un pont.
 
Dans le même temps, il a vivement critiqué un financement de 500 millions de francs CFA qu’il attribue au président de la République en faveur de la Fondation Diomaye.
 
Cette séquence lui a servi à dénoncer ce qu’il considère comme une contradiction entre le discours de rareté budgétaire du gouvernement et certaines décisions de dépenses.
 
Guy Marius Sagna a ensuite résumé, à sa manière, ce qu’il retient de la DPG d’Al Aminou Lo.
 
Selon lui, le discours du Premier ministre aurait pu se résumer en quelques mots : le gouvernement aurait maintenu ce que Sonko avait fait de positif, « sauf la transparence, sauf la justice, sauf la souveraineté ».
 
Une formule particulièrement offensive qui condense l’essentiel de son accusation politique contre l’actuel exécutif.
 
Enfin, Guy Marius Sagna a replacé la question de la dette au cœur de son intervention.
 
Il a reproché au Premier ministre de parler largement de l’endettement du Sénégal sans, selon lui, désigner suffisamment l’ancien président Macky Sall comme premier responsable de la situation.
 
Il a également rappelé qu’Al Aminou Lo avait soutenu Macky Sall ainsi que sa candidature à l’ONU.
 
Et c’est sur ce point que Guy Marius Sagna a fait l’une des annonces les plus fortes de son intervention.
 
« Je vous annonce que, dans pas longtemps, une proposition de mise en accusation sera déposée à nouveau », a-t-il déclaré.
 
Une annonce qui ouvre potentiellement un nouveau front politique et parlementaire autour de l’ancien chef de l’État.
 
À travers cette intervention, Guy Marius Sagna a donc cherché à tracer une ligne de fracture nette entre Pastef et le gouvernement d’Al Aminou Lo. Une fracture qui, dans son discours, porte sur trois questions centrales : la souveraineté économique, les relations avec le FMI et la responsabilité politique dans la situation de la dette.
Mardi 8 Septembre 2026
Dakaractu