DOB / Cheikh Diba défend son DPBEP devant les députés : « Le Sénégal a démontré une réelle capacité d’absorption du choc »


Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, présente ce mardi devant l’Assemblée nationale le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP) pour la période 2027-2029, dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire (DOB). Un exercice prévu par l’article 51 de la loi organique relative aux lois de finances, que le ministre a défini comme un moment clé du dialogue entre l’exécutif et les représentants du peuple sur la trajectoire économique et budgétaire du pays.
 
Devant les députés, Cheikh Diba a inscrit ce DPBEP dans la continuité de la vision présidentielle déclinée à travers l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, la Stratégie nationale de développement 2025-2029 et le Plan de redressement économique et social. Il a précisé que le document, placé sous le sceau du Jub, Jubël, Jubbanti, fixe les grands équilibres budgétaires et financiers qui serviront de cadre de référence à l’élaboration de la prochaine loi de finances.
 
Le tableau d’un contexte particulièrement instable, dominé par le déclenchement de nouveaux conflits au Moyen-Orient fin février 2026, a été décliné par le ministre Cheikh Diba. Ce choc a entraîné une flambée des prix du pétrole et du gaz naturel, une dégradation des anticipations inflationnistes et un durcissement des conditions de financement à l’échelle mondiale. Conséquence directe : les perspectives de croissance mondiale ont été révisées à la baisse, à 3,1% en 2026 contre 3,3% initialement prévus, et à 3,2% en 2027, des chiffres en net retrait par rapport à la moyenne historique de 3,7% enregistrée entre 2000 et 2019. L’Afrique subsaharienne n’est pas épargnée, avec une croissance révisée à 4,3% en 2026, soit 0,3 point de moins que les prévisions d’avant-crise. Le Sénégal n’échappe pas à cette tendance : la croissance économique nationale est désormais projetée à 3,2% en 2026, en recul de 1,8 point par rapport à la loi de finances initiale.
 
Malgré ce contexte dégradé, le ministre a mis en avant la résilience budgétaire du pays. Le déficit de l’année 2025 a été contenu à 6,4% du PIB, en deçà de la cible de 7,8% fixée par la loi de finances rectificative, une performance qu’il attribue à la capacité d’absorption du choc grâce aux mesures d’ajustement engagées par le gouvernement. Cheikh Diba a assuré que cette situation devrait encore s’améliorer en 2026, confirmant selon lui la crédibilité de l’effort de consolidation budgétaire engagé par l’État.
 
Le ministre a réaffirmé que la rigueur budgétaire resterait de mise pour regagner la confiance des marchés et des bailleurs de fonds, tout en préservant les groupes vulnérables et les investissements dans les secteurs sociaux. Il a par ailleurs annoncé une politique fiscale renforcée pour atteindre la souveraineté économique visée à l’horizon 2050, articulée autour de l’exploration de nouvelles niches fiscales et non fiscales, du renforcement des recettes minières et pétrolières via la révision des conventions en cours, ainsi que de la modernisation du Code général des impôts et du Code des douanes.
Mardi 30 Juin 2026
Dakaractu