DIX « COMMANDEMENTS » A MACKY SALL.


Les puritains, maitres de la sémantique se demanderont, certainement, au nom de quel pouvoir, nous prétendons énoncer des « commandements » à l’autorité supérieure de l’Etat.

 

Nous répondons par la plume de Milan Kundera. « Les mots ordinaires sont faits pour s’éteindre dès qu’ils sont prononcés, ils n’ont d’autre but que de servir à l’instant. »

 

Il s’y ajoute, par notre attribut d’être penseur, qui relève de notre dimension ontologique ou métaphysique, nous pouvons construire ou conceptualiser un pouvoir, ni divin, ni temporel, mais au-dessus  de tous les autres, codifiés par le contrat social.

 

Pour ne pas verser dans l’abstrait et entretenir un éventuel débat peu productif, nous utilisons les guillemets, indiquant que l’expression « commandement » ne doit pas être comprise au sens littéral ou habituel du terme.

 

Alors, comprenons qu’il s’agit, tout simplement, d’indications provenant d’un citoyen, à celui que le peuple a confié son destin collectif pour une période déterminée.  

 

Prude ! Nous n’avons pas la prétention de l’être.

Egrillard ! Sardonique !impudent ! Le sujet est d’une gravité qui n’autorise point de revêtir de tels qualificatifs.

 

Sans prétendre être un lanceur d’alerte, nous sonnons tout de même, le clairon de l’incertitude pour notre pays.

 

Les apprentis autocrates du Sénégal ne prennent pas conscience de l’étendue de la sénescence de leur puissance et de leur 

autorité.

 

L’égotisme, cette tare des hommes au caractère suffisant, est le voile qui masque le processus de ralentissement et de dégradation de leur légitimité, et de leur puissance, qui s’étiolent avec le temps.

 

Notre pays est plongé dans les ténèbres.

Puisse ce « décalogue » l’exposer à la lumière qui a forgé les grandes démocraties.

Il est adressé à mon frère  Macky Sall, président de la République du Sénégal.

 

1-Rendre visite au président Abdoulaye Wade 

 

Cette visite sera l’occasion de tenir une promesse, et de se ressourcer   auprès du maitre avant de quitter le pouvoir.

 

2-Déclarer solennellement sa démission en 2022

 

Cette déclaration sera une promesse tenue, étant entendu que le Chef de l’Etat s’était engagé de réduire de deux ans son premier mandant de sept ans.

 

Il aura ainsi payé une dette de deux ans de pouvoir, qu’il doit au peuple sénégalais.

« Qui paye ses dettes s’enrichit », selon l’adage.

L’élection présidentielle à laquelle il ne participera pas, sera couplée avec les élections législatives, organisées par une autorité indépendante qu’il mettra sur pied avant son départ.

 

3-Faire recouvrer à Karim Wade et à Khalifa Sall la totalité de leurs droits civiques

 

Cette mesure permettra à la démocratie sénégalaise de mieux respirer. La condamnation de ces deux leaders politiques relèvent de l’injustice selon le sentiment populaire, mais aussi au point de vue du droit ;

 

4-Mettre un terme à l’affaire Adji Raby Sarr- Ousmane Sonko

 

Cette affaire a pollué à suffisance la marche de la démocratie au Sénégal.

Il indécent, immoral, contraire à nos mœurs et à notre culture, de fabriquer d’user ou  d’utiliser des affaires de mœurs contre un adversaire politique.

 

5-Supprimer le CESE (CONSEIL ECONOMIQUE SOCIAL et ENVIRONNEMENTAL), le HCCT (HAUT CONSEIL des COLLECTIVITES TERRITOTIALES) et la COMMISSION NATIONALE du DIALOGUE des TERROIRES

 

Les budgets des institutions supprimées seront consacrés au système sanitaire, notamment à la lutte contre la covid-19, à l’achat de vaccins et à la construction de structures sanitaires bien équipées ; 

 

6-Se retirer de la présidence du Conseil Supérieur de la Magistrature

 

La mesure sera un pas décisif vers la reforme et l’indépendance de la justice ;

 

7-Transmettre à la justice tous les dossiers des corps de contrôle recommandant une poursuite judiciaire

 

Le président aura pris un acte puissant, en prouvant son attachement infaillible à la bonne gouvernance ;

 

8-Fixer la date des élections locales pour l’année 2021

 

Le sentiment de l’opposition selon lequel, le pouvoir est en train de procéder à des manœuvres pour reporter plus loin possible ces élections sera dissipé ;

 

9-Faire poursuivre les travaux du Dialogue National.

 

Le Chef de l’Etat a porté un coup aux convergences et aux cohésions nationales, en mettant un terme aux travaux du Dialogue National.

 

Les comptes rendus qui lui ont été faits ,ont certainement évoqué les risques d’une remise en cause substantielle de certaines de ses politiques, économiques, sociales, pétrolières, gazières, territoriales etc.….

 

10- S’engager à faire respecter le droit de manifester des citoyens

 

Le respect de ce droit est le meilleur gage contre les manifestations violentes, destructrices des biens publics.

 

Quand ces mesures seront mises en œuvre, le Président de la République pourra sortir par la grande porte, vers l’ONU, l’OIF, ou à la tête de toutes autres organisations internationales conformes à son statut d’ancien Chef d’Etat.

 

Habib Sy

Ancien ministre d’Etat

Président du PEM (parti de l’Espoir et de la Modernité) Yaakaar u Réew Mi

Mardi 2 Mars 2021
Dakaractu




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