Demain jeudi 1er octobre 2026, Google enverra quatre de ses puces d’IA dans l’espace à bord d’une fusée de SpaceX. Le test technique cache un enjeu plus large. Sur Terre, l’IA manque d’électricité, et deux géants parient que l’orbite apporte une réponse. Les chiffres, eux, restent exigeants.
Une fusée Falcon 9 décollera demain jeudi 1er octobre 2026, de la base de Vandenberg, en Californie. Elle emportera des charges utiles pour la mission Transporter-18 de SpaceX. L’une d’elles concerne directement l’avenir de l’IA. Des unités de la puce Google TPU seront embarquées à bord pour tester la manière dont elles supportent le "stress physique du vol spatial ainsi que la radiation et les extrêmes thermiques de l'espace", a précisé Google qui appelle son programme, Project Suncatcher.
L’objectif immédiat n’est pas de créer un datacenter en orbite, mais de tester si une puce d’IA peut survivre au lancement, aux radiations et à la chaleur du vide. Google l’écrit dans un billet du 24 septembre : "Certaines choses ne peuvent être testées que dans l'espace. (...) Le premier lancement a pour but de voir ce qui fonctionne, d'identifier les points de défaillance et d'appliquer ces conclusions aux missions futures."
L’enjeu dépasse le test. SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, prépare la même idée à une échelle supérieure. Elle a demandé l’autorisation de lancer jusqu’à un million de satellites dédiés au calcul. Google et SpaceX, bien que se faisant concurrence, restent liés.
Sur Terre, l’électricité manque
Chaque requête adressée à ChatGPT, Gemini ou à un autre outil d’intelligence artificielle mobilise des puces informatiques alimentées par l’électricité. Or, dans certaines régions du monde, les réseaux électriques commencent à atteindre leurs limites face à l’explosion des besoins des datacenters.
Les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) donnent la mesure du phénomène. En 2024, les centres de données ont consommé environ 415 térawattheures (TWh) d’électricité, soit près de 1,5 % de la consommation mondiale. D’ici à 2030, cette demande pourrait plus que doubler pour atteindre 945 TWh, un niveau légèrement supérieur à la consommation actuelle du Japon.
Mais cette progression pèsera encore relativement peu dans la demande mondiale, l’AIE estimant que l’électricité consommée par les datacenters représentera un peu moins de 3 % de la demande mondiale à l’horizon 2030.
Derrière cette moyenne, se cache une forte concentration géographique. Les États-Unis et la Chine devraient représenter près de 80 % de la croissance de la demande d’électricité liée aux centres de données. Aux États-Unis, ces infrastructures pourraient à elles seules absorber près de la moitié de l’augmentation de la consommation électrique nationale d’ici à 2030.
L’enjeu se situe donc moins dans le volume global d’électricité consommé que dans la concentration des centres de données sur certains territoires. Là où ils se multiplient rapidement, les réseaux doivent être renforcés pour répondre à une demande qui progresse à un rythme inédit.
Pour alimenter cette croissance, l’AIE prévoit que les énergies renouvelables et le gaz naturel fourniront l’essentiel de l’électricité supplémentaire nécessaire. Le nucléaire et la géothermie devraient aussi participer à cette montée en puissance.
Ce que l’orbite promet
Google prévoit se déployer sur une orbite terrestre basse, située à environ 650 kilomètres d’altitude. Le choix porte sur une orbite héliosynchrone, dite « aube-crépuscule », qui suit la frontière entre le jour et la nuit. Une configuration qui permettrait aux panneaux solaires de bénéficier d’un ensoleillement presque continu, sans la présence de nuages ni les perturbations liées à l’atmosphère.
Selon les travaux de recherche menés par Google, cette position pourrait générer jusqu’à huit fois plus d’énergie qu’un panneau installé au sol. Elle présenterait également l’avantage de réduire le recours à de lourdes batteries, estiment les chercheurs de l’entreprise.
Cependant, ce chiffre mérite d’être replacé dans son contexte. L’étude de Google compare la quantité d’énergie captée par un panneau placé en orbite à celle d’un panneau installé à des latitudes moyennes. Elle porte donc sur le rendement énergétique, et non sur le coût de l’électricité effectivement produite et acheminée jusqu’à l’utilisateur.
C’est précisément sur ce point que se concentrent les critiques. Un panneau peut capter davantage de lumière en orbite sans pour autant produire une électricité moins chère. Les coûts liés au lancement, à la mise en orbite, à la maintenance et aux composants nécessaires restent déterminants dans l’équation économique.
Trois épreuves pour quatre puces
Le satellite reste modeste. Il embarque quatre TPU, à peu près la puissance d’un seul serveur de datacenter. Il doit fonctionner environ un an en orbite, selon le New York Times cité par Space.com. Pour y parvenir, il doit franchir les trois principaux obstacles que sont les contraintes du lancement, les radiations et la dissipation thermique.
La montée dure environ dix minutes. Le satellite subit des vibrations violentes et une accélération jusqu’à dix fois la gravité. Certains composants, dont les puces, encaissent 50 à 100 fois la gravité. Les ingénieurs ont secoué le satellite sur ses trois axes pour reproduire ces fréquences. Le matériel a tenu, ce qui a surpris l’équipe, d’après Google.
Les éruptions solaires et les rayons cosmiques perturbent l’électronique. Google a exposé ses puces Trillium, aussi appelées TPU v6e, à un faisceau de protons au laboratoire nucléaire Crocker, à l’université de Californie à Davis, pendant qu’elles exécutaient des calculs d’IA. Le résultat annoncé est qu’elles supportent une dose totale supérieure à celle d’une mission de cinq ans.
Un détail compte. Dans le préprint de Google, la mémoire à haute bande passante s’est montrée la plus sensible. Elle a produit des erreurs non corrigibles, à un rythme que Google juge probablement acceptable pour l’inférence, c’est-à-dire pour répondre aux requêtes. L’effet sur l’entraînement des modèles demande encore des études, écrit Google.
Enfin, dans le vide, aucun air ne refroidit les puces. La chaleur ne part que par rayonnement, grâce à des radiateurs. Les TPU dégagent beaucoup de chaleur sur une petite surface. Google combine des caloducs et des radiateurs. Son équipe a testé ce système en chambre thermique sous vide. Seule l’orbite dira s’il tient.
Le plan après le lancement
Ce lancement est la première étape du projet. La prochaine phase est annoncée pour 2027, avec la mise en orbite de deux satellites destinés à tester les communications laser entre engins spatiaux.
L’ambition de Google va bien au-delà, avec la constitution d’une constellation de 81 satellites, regroupés dans un rayon d’environ un kilomètre et reliés entre eux par des liaisons laser. L’objectif est de faire fonctionner cet ensemble comme un véritable data center spatial. Chaque satellite pourrait embarquer plusieurs dizaines de TPU.
Or, Cette architecture impose de résoudre un problème technologique inédit. Les systèmes de communication laser actuellement utilisés dans l’espace sont principalement conçus pour transmettre des données sur de longues distances, avec des débits élevés mais adaptés à ces contraintes. Google cherche au contraire à établir des liaisons sur de très courtes distances, tout en atteignant des débits extrêmement élevés.
Les premiers essais réalisés au sol donnent une indication du potentiel recherché. Sur un banc de test équipé d’une seule paire d’émetteurs, Google a atteint un débit de 800 gigabits par seconde dans chaque direction, soit 1,6 térabit par seconde au total.
Cette performance reste toutefois une démonstration réalisée en laboratoire, et non en orbite. Google reconnaît que plusieurs obstacles techniques et logistiques doivent encore être surmontés. L’architecture définitive de la constellation, comme son échelle, pourrait donc encore évoluer.
SpaceX vise un million de satellites
Le 30 janvier 2026, SpaceX avait déposé auprès de la Commission fédérale des communications américaine (FCC) une demande pour un système de datacenters orbitaux comptant jusqu’à un million de satellites. Ils voleraient entre 500 et 2000 kilomètres d’altitude et communiqueraient par liaisons optiques. La FCC avait accepté le dossier pour examen le 4 février et ouvert une consultation publique. SpaceX réclame aussi des dérogations aux échéances habituelles de déploiement.
Selon l’analyse d’Introl, le dépôt indique qu’un million de tonnes de satellites lancées chaque année fournirait 100 gigawatts de calcul. SpaceX nomme ses satellites Starmind. Avec des milliers de satellites en service, SpaceX a récemment accéléré la cadence et a absorbé, en février dernier, xAI, dans une fusion valorisée 1250 milliards de dollars. Elle est entrée au Nasdaq le 12 juin avec la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire, 86,2 milliards de dollars. Lundi 28 septembre, son Starship a atteint l’orbite pour la première fois, lors du quatorzième vol d’essai, et déployé 26 satellites Starlink V3, selon CNBC et Light Reading. Les treize vols précédents ne visaient pas l’orbite. Gwynne Shotwell, directrice des opérations de SpaceX, a déclaré début septembre que l’entreprise comptait lancer des satellites de calcul d’IA en 2027 avec Starship.
Google dépend donc de son concurrent pour lancer ses machines. Il en possède aussi une part. Google a investi dans SpaceX en 2015, avec Fidelity. Il détient aujourd’hui entre 5 et 6 % du capital, selon les sources. Alphabet a évalué cette participation à 94,1 milliards de dollars dans son rapport trimestriel du 23 juillet. Selon le Wall Street Journal, les deux entreprises ont discuté en mai d’un contrat de lancement pour développer des datacenters orbitaux. Notons que Google et SpaceX ne jouent pas seuls. Des start-ups comme Starcloud sont déjà dans la course.
Ce lancement pourrait marquer l’entrée dans une nouvelle ère de l’intelligence artificielle. Née sur terre, l’IA est aujourd’hui devenue particulièrement énergivore. Face à l’explosion des besoins en calcul et à la perspective de l’émergence d’une superintelligence, l’espace apparaît désormais comme une piste susceptible d’accompagner son développement.
Mais cette perspective soulève de nombreux défis. Outre l’exposition aux radiations, la complexité de la maintenance des équipements en orbite et la prolifération des débris spatiaux, des questions réglementaires majeures restent à résoudre, notamment celles liées à la gouvernance des données et à la gestion du trafic spatial.
À ces problématiques l’encombrement de l’orbite terrestre pourrait être une préoccupation déterminante. À mesure que les infrastructures destinées à l’IA se multiplient dans l’espace, la gestion et la préservation de cet environnement orbital devront occuper une place centrale dans les réflexions sur l’avenir de l’intelligence artificielle.
Alioune BA Une fusée Falcon 9 décollera demain jeudi 1er octobre 2026, de la base de Vandenberg, en Californie. Elle emportera des charges utiles pour la mission Transporter-18 de SpaceX. L’une d’elles concerne directement l’avenir de l’IA. Des unités de la puce Google TPU seront embarquées à bord pour tester la manière dont elles supportent le "stress physique du vol spatial ainsi que la radiation et les extrêmes thermiques de l'espace", a précisé Google qui appelle son programme, Project Suncatcher.
L’objectif immédiat n’est pas de créer un datacenter en orbite, mais de tester si une puce d’IA peut survivre au lancement, aux radiations et à la chaleur du vide. Google l’écrit dans un billet du 24 septembre : "Certaines choses ne peuvent être testées que dans l'espace. (...) Le premier lancement a pour but de voir ce qui fonctionne, d'identifier les points de défaillance et d'appliquer ces conclusions aux missions futures."
L’enjeu dépasse le test. SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, prépare la même idée à une échelle supérieure. Elle a demandé l’autorisation de lancer jusqu’à un million de satellites dédiés au calcul. Google et SpaceX, bien que se faisant concurrence, restent liés.
Sur Terre, l’électricité manque
Chaque requête adressée à ChatGPT, Gemini ou à un autre outil d’intelligence artificielle mobilise des puces informatiques alimentées par l’électricité. Or, dans certaines régions du monde, les réseaux électriques commencent à atteindre leurs limites face à l’explosion des besoins des datacenters.
Les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) donnent la mesure du phénomène. En 2024, les centres de données ont consommé environ 415 térawattheures (TWh) d’électricité, soit près de 1,5 % de la consommation mondiale. D’ici à 2030, cette demande pourrait plus que doubler pour atteindre 945 TWh, un niveau légèrement supérieur à la consommation actuelle du Japon.
Mais cette progression pèsera encore relativement peu dans la demande mondiale, l’AIE estimant que l’électricité consommée par les datacenters représentera un peu moins de 3 % de la demande mondiale à l’horizon 2030.
Derrière cette moyenne, se cache une forte concentration géographique. Les États-Unis et la Chine devraient représenter près de 80 % de la croissance de la demande d’électricité liée aux centres de données. Aux États-Unis, ces infrastructures pourraient à elles seules absorber près de la moitié de l’augmentation de la consommation électrique nationale d’ici à 2030.
L’enjeu se situe donc moins dans le volume global d’électricité consommé que dans la concentration des centres de données sur certains territoires. Là où ils se multiplient rapidement, les réseaux doivent être renforcés pour répondre à une demande qui progresse à un rythme inédit.
Pour alimenter cette croissance, l’AIE prévoit que les énergies renouvelables et le gaz naturel fourniront l’essentiel de l’électricité supplémentaire nécessaire. Le nucléaire et la géothermie devraient aussi participer à cette montée en puissance.
Ce que l’orbite promet
Google prévoit se déployer sur une orbite terrestre basse, située à environ 650 kilomètres d’altitude. Le choix porte sur une orbite héliosynchrone, dite « aube-crépuscule », qui suit la frontière entre le jour et la nuit. Une configuration qui permettrait aux panneaux solaires de bénéficier d’un ensoleillement presque continu, sans la présence de nuages ni les perturbations liées à l’atmosphère.
Selon les travaux de recherche menés par Google, cette position pourrait générer jusqu’à huit fois plus d’énergie qu’un panneau installé au sol. Elle présenterait également l’avantage de réduire le recours à de lourdes batteries, estiment les chercheurs de l’entreprise.
Cependant, ce chiffre mérite d’être replacé dans son contexte. L’étude de Google compare la quantité d’énergie captée par un panneau placé en orbite à celle d’un panneau installé à des latitudes moyennes. Elle porte donc sur le rendement énergétique, et non sur le coût de l’électricité effectivement produite et acheminée jusqu’à l’utilisateur.
C’est précisément sur ce point que se concentrent les critiques. Un panneau peut capter davantage de lumière en orbite sans pour autant produire une électricité moins chère. Les coûts liés au lancement, à la mise en orbite, à la maintenance et aux composants nécessaires restent déterminants dans l’équation économique.
Trois épreuves pour quatre puces
Le satellite reste modeste. Il embarque quatre TPU, à peu près la puissance d’un seul serveur de datacenter. Il doit fonctionner environ un an en orbite, selon le New York Times cité par Space.com. Pour y parvenir, il doit franchir les trois principaux obstacles que sont les contraintes du lancement, les radiations et la dissipation thermique.
La montée dure environ dix minutes. Le satellite subit des vibrations violentes et une accélération jusqu’à dix fois la gravité. Certains composants, dont les puces, encaissent 50 à 100 fois la gravité. Les ingénieurs ont secoué le satellite sur ses trois axes pour reproduire ces fréquences. Le matériel a tenu, ce qui a surpris l’équipe, d’après Google.
Les éruptions solaires et les rayons cosmiques perturbent l’électronique. Google a exposé ses puces Trillium, aussi appelées TPU v6e, à un faisceau de protons au laboratoire nucléaire Crocker, à l’université de Californie à Davis, pendant qu’elles exécutaient des calculs d’IA. Le résultat annoncé est qu’elles supportent une dose totale supérieure à celle d’une mission de cinq ans.
Un détail compte. Dans le préprint de Google, la mémoire à haute bande passante s’est montrée la plus sensible. Elle a produit des erreurs non corrigibles, à un rythme que Google juge probablement acceptable pour l’inférence, c’est-à-dire pour répondre aux requêtes. L’effet sur l’entraînement des modèles demande encore des études, écrit Google.
Enfin, dans le vide, aucun air ne refroidit les puces. La chaleur ne part que par rayonnement, grâce à des radiateurs. Les TPU dégagent beaucoup de chaleur sur une petite surface. Google combine des caloducs et des radiateurs. Son équipe a testé ce système en chambre thermique sous vide. Seule l’orbite dira s’il tient.
Le plan après le lancement
Ce lancement est la première étape du projet. La prochaine phase est annoncée pour 2027, avec la mise en orbite de deux satellites destinés à tester les communications laser entre engins spatiaux.
L’ambition de Google va bien au-delà, avec la constitution d’une constellation de 81 satellites, regroupés dans un rayon d’environ un kilomètre et reliés entre eux par des liaisons laser. L’objectif est de faire fonctionner cet ensemble comme un véritable data center spatial. Chaque satellite pourrait embarquer plusieurs dizaines de TPU.
Or, Cette architecture impose de résoudre un problème technologique inédit. Les systèmes de communication laser actuellement utilisés dans l’espace sont principalement conçus pour transmettre des données sur de longues distances, avec des débits élevés mais adaptés à ces contraintes. Google cherche au contraire à établir des liaisons sur de très courtes distances, tout en atteignant des débits extrêmement élevés.
Les premiers essais réalisés au sol donnent une indication du potentiel recherché. Sur un banc de test équipé d’une seule paire d’émetteurs, Google a atteint un débit de 800 gigabits par seconde dans chaque direction, soit 1,6 térabit par seconde au total.
Cette performance reste toutefois une démonstration réalisée en laboratoire, et non en orbite. Google reconnaît que plusieurs obstacles techniques et logistiques doivent encore être surmontés. L’architecture définitive de la constellation, comme son échelle, pourrait donc encore évoluer.
SpaceX vise un million de satellites
Le 30 janvier 2026, SpaceX avait déposé auprès de la Commission fédérale des communications américaine (FCC) une demande pour un système de datacenters orbitaux comptant jusqu’à un million de satellites. Ils voleraient entre 500 et 2000 kilomètres d’altitude et communiqueraient par liaisons optiques. La FCC avait accepté le dossier pour examen le 4 février et ouvert une consultation publique. SpaceX réclame aussi des dérogations aux échéances habituelles de déploiement.
Selon l’analyse d’Introl, le dépôt indique qu’un million de tonnes de satellites lancées chaque année fournirait 100 gigawatts de calcul. SpaceX nomme ses satellites Starmind. Avec des milliers de satellites en service, SpaceX a récemment accéléré la cadence et a absorbé, en février dernier, xAI, dans une fusion valorisée 1250 milliards de dollars. Elle est entrée au Nasdaq le 12 juin avec la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire, 86,2 milliards de dollars. Lundi 28 septembre, son Starship a atteint l’orbite pour la première fois, lors du quatorzième vol d’essai, et déployé 26 satellites Starlink V3, selon CNBC et Light Reading. Les treize vols précédents ne visaient pas l’orbite. Gwynne Shotwell, directrice des opérations de SpaceX, a déclaré début septembre que l’entreprise comptait lancer des satellites de calcul d’IA en 2027 avec Starship.
Google dépend donc de son concurrent pour lancer ses machines. Il en possède aussi une part. Google a investi dans SpaceX en 2015, avec Fidelity. Il détient aujourd’hui entre 5 et 6 % du capital, selon les sources. Alphabet a évalué cette participation à 94,1 milliards de dollars dans son rapport trimestriel du 23 juillet. Selon le Wall Street Journal, les deux entreprises ont discuté en mai d’un contrat de lancement pour développer des datacenters orbitaux. Notons que Google et SpaceX ne jouent pas seuls. Des start-ups comme Starcloud sont déjà dans la course.
Ce lancement pourrait marquer l’entrée dans une nouvelle ère de l’intelligence artificielle. Née sur terre, l’IA est aujourd’hui devenue particulièrement énergivore. Face à l’explosion des besoins en calcul et à la perspective de l’émergence d’une superintelligence, l’espace apparaît désormais comme une piste susceptible d’accompagner son développement.
Mais cette perspective soulève de nombreux défis. Outre l’exposition aux radiations, la complexité de la maintenance des équipements en orbite et la prolifération des débris spatiaux, des questions réglementaires majeures restent à résoudre, notamment celles liées à la gouvernance des données et à la gestion du trafic spatial.
À ces problématiques l’encombrement de l’orbite terrestre pourrait être une préoccupation déterminante. À mesure que les infrastructures destinées à l’IA se multiplient dans l’espace, la gestion et la préservation de cet environnement orbital devront occuper une place centrale dans les réflexions sur l’avenir de l’intelligence artificielle.
Spécialiste en Ethique de l’IA