Cryptoactifs : 2500 milliards de dollars de capitalisation mondiale, 205 milliards en Afrique subsaharienne


Les cryptoactifs ne sont plus une expérience de laboratoire réservée à une poignée de spécialistes. Ils constituent désormais une infrastructure financière mondiale à part entière, dont les volumes défient toute comparaison avec les marchés traditionnels émergents. C’est l’un des enseignements majeurs de la conférence organisée ce vendredi à Dakar par le cabinet Bradley & Rollins en partenariat avec la BCEAO et consacrée aux cryptoactifs et innovations numériques dans l’espace UEMOA.

La capitalisation globale du marché des cryptoactifs atteint 2,51 trillions de dollars, selon CoinGecko (2025). Ce chiffre, à lui seul, suffit à clore le débat sur la marginalité du secteur. Il est porté en grande partie par les stablecoins, dont l’encours en circulation s’établit à 312 milliards de dollars, faisant de ce segment le plus systémique de tout l’écosystème crypto, selon les intervenants de Bradley & Rollins.

 

Pour l’Afrique subsaharienne, les données de Chainalysis sur la période juillet 2024 et juin 2025 révèlent une valeur on-chain reçue de 205 milliards de dollars, en progression de 52% sur un an. Une croissance qui dissipe définitivement l’idée d’une région spectatrice de la révolution crypto : « l’Afrique subsaharienne en est désormais un acteur de plein exercice. »

 

L’intégrité financière est également une réalité à ne pas ignorer. En effet, la présentation a refusé toute simplification. En 2025, 154 milliards de dollars ont transité par des adresses illicites dont 84% via des stablecoins. Les paiements ransomware on-chain ont dépassé 820 millions de dollars, les fraudes et escroqueries crypto sont estimées à 17 milliards de dollars, et 2,02 milliards de dollars ont été dérobés par des acteurs nord-coréens dans des opérations d’État documentées. Pour autant, Bradley & Rollins a insisté sur l’autre face de la réalité : la traçabilité inhérente à la blockchain offre aux enquêteurs une capacité de suivi et d’attribution que le cash ne permet tout simplement pas.

 

Face à cette réalité chiffrée, la BCEAO est appelée à structurer sa réponse autour de cinq axes : une régulation proportionnée et régionalement coordonnée, une exigence de résilience opérationnelle et cyber pour toute infrastructure critique, un renforcement des dispositifs AML/CFT numériques, le refus de dissocier paiements, données et souveraineté et une coopération à l’échelle de l’UEMOA, aucun État membre ne pouvant faire face seul à l’ampleur du défi.

 
Vendredi 8 Mai 2026
Dakaractu