Crise politique en Guinée Conakry : ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest appelle Condé à la raison


Préoccupée par les événements en cours en Guinée Conakry, l'organisation de défense des droits de l'Homme Article 19 Sénégal/Afrique de l'Ouest, a fait une sortie à travers un communiqué dont Dakaractu a obtenu copie.
 
 
Dans le document, Article 19 Sénégal/Afrique de l'Ouest condamne fermement la répression de la manifestation lancée par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) en Guinée ce lundi 14 octobre 2019, et reste profondément préoccupée par le cours des événements en République de Guinée à la veille des élections législatives prévues en Décembre 2019 et à un an de l’élection présidentielle.
 
 
Selon cette organisation, « au moins trois (03) morts, une dizaine de blessés par balles et plusieurs interpellations ont été recensés à la suite de la répression de la marche du FNDC à Conakry et dans plusieurs villes du pays ».
 
 
Aussi Article 19 constate-t-elle que « pour étouffer la marche 48 heures avant sa tenue, les forces de l’ordre ont procédé à une série d’arrestations de plusieurs acteurs de la société civile et des leaders d’opinion parmi lesquels : Abdourahmane Sanoh (Coordinateur du FNDC), Abdoulaye Oumou Sow (Blogueur), Bailo Diallo (Activiste), Badra Koné (vice-maire de la commune de Matam) ».
 
 
« Nous sommes profondément consternés et attristés par ces pertes en vies humaines, ces blessés par balles, les arrestations en série et toutes autres formes de violences intervenues avant, pendant et après la marche du FNDC. Garantir aux citoyens le droit d'exprimer leurs opinions politiques, y compris le droit de protester, donne un sens au système démocratique voulu par toutes les parties en Guinée et participe à la confiance des citoyens dans leur administration. Nous présentons nos sincères condoléances aux victimes et à leurs familles. Cette répression sanglante porte un coup dur à la liberté d’expression et à la jeune démocratie dans ce pays. Elle ne doit pas rester impunie », déclare Fatou Jagne Senghor, Directrice Régionale de ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest.
 
 
Selon ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest, le Gouvernement de la Guinée viole sa propre constitution du 07 mai 2010 en son article 10 qui stipule : « Tous les citoyens ont le droit de manifestation et de cortège », ainsi que les instruments régionaux et internationaux auxquels la Guinée a souscrit : la charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), la Déclaration Universelle des droits de l’Homme et des peuples (DUDH), etc.
 
 
 
Forte de ce constat, ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest exhorte les autorités guinéennes à « libérer sans condition tous les activistes, leaders, membres de la société civile arrêtés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression ». ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest demande à Conakry de « diligenter dans les meilleurs délais une enquête indépendante et transparente afin de traduire en justice les auteurs de la répression de la marche du 14 octobre 2019. »
 
 
Pour l'organisation, « cela constituera l’un des meilleurs moyens de dissuasion contre l’usage des armes léthales contre des manifestants et de lutter contre l’impunité ».
 
 
Enfin, ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest recommande de « veiller au respect effectif de sa constitution, des instruments régionaux et internationaux qui garantissent les libertés publiques, en particulier la liberté d’expression ».
Jeudi 17 Octobre 2019
Dakar actu




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