Covid-19 : Ce que préconise la Banque mondiale pour « éviter une catastrophe humanitaire »


Covid-19 : Ce que préconise la Banque mondiale pour « éviter une catastrophe humanitaire »
La pandémie de Covid-19 (coronavirus) continue d’étendre ses tentacules dans le monde. Non content d’entraîner la population mondiale en territoire inconnu, avec une urgence sanitaire mondiale qui se double d’une crise économique d’une ampleur inouïe, le virus continue de circuler. Et à ce jour, selon les estimations de la Banque mondiale, l’économie mondiale devrait se contracter de 4 200 milliards de dollars (2 541 765 milliards de F Cfa) entre 2019 et 2020. Pire encore, par rapport aux projections établies pour 2021 en l’absence de pandémie, les pertes se situeraient autour de 7 500 milliards de dollars (4 538 866 milliards de F Cfa) soit 40 % de l’économie américaine.
 
Cette dimension économique de la crise est telle qu’elle capte bien l’attention et risque de nous paralyser, mais les enjeux humains sont encore plus importants. Dans les pays les plus pauvres du monde, des millions d’individus se retrouvent au bord du précipice. En plus de la contagion par le virus, aussi dévastatrice soit-elle, ils doivent faire face aux fléaux qui l’accompagnent : la pauvreté, les privations, voire la faim. En l’absence de systèmes de santé solides capables d’enrayer la propagation de la maladie et parce que des pays surendettés se retrouvent brutalement privés d’échanges, de remises migratoires, d’investissements et d’emplois, seule une solidarité internationale d’une envergure sans précédent permettra d’éviter une catastrophe humanitaire et l’effritement inéluctable des progrès obtenus depuis des décennies dans la lutte contre l’extrême pauvreté’’. C’est du moins ce qu’a déclaré, ce vendredi dernier, Axel van Trotsenburg, Directeur général des opérations de la Banque mondiale.
 
Citant en exemple l’Afrique où, selon lui, 80 % des emplois sont informels, il a relevé que ‘’ces travailleurs sont en péril et absents des radars des programmes les plus traditionnels de transferts monétaires et autres dispositifs sociaux. Sauver des emplois et des entreprises demeure aux yeux de M. Trotsenburg, une urgence.
 
ces pertes de revenu vont avoir des effets en cascade sur les ménages
 
Pour preuve, poursuit-il, 4 travailleurs sur 5, pour une main-d’œuvre mondiale de 3,3 milliards d’individus, sont concernés par une fermeture totale ou partielle de leur lieu de travail, avec la crise du coronavirus. Cela, indique-t-il, du fait des mesures de confinement. Et aussi parce que ces acteurs ‘’travaillent dans les secteurs les plus touchés, pratiquement 80 % des travailleurs informels dans le monde (1,6 milliard de personnes) ont le plus grand mal à gagner leur vie. Le secteur informel représentant jusqu’à 90 % de la main-d’œuvre dans certaines économies émergentes, ces pertes de revenu vont avoir des effets en cascade sur les ménages, les communautés et l’ensemble de la société. Faute de mesures adaptées, ces travailleurs, dont une majorité sont des femmes, risquent plus que jamais de basculer dans la pauvreté et d’avoir encore plus de mal à retrouver un gagne-pain au moment de la reprise’’.
 
Dans ses propos rendus publics  par ladite institution mondiale, Axel van Trotsenburg d’annoncer que ‘’la pandémie a déjà mis à l’arrêt ou inversé la croissance partout dans le monde et devrait faire basculer entre 40 à 60 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté. Face à une crise d’une telle ampleur, la seule option viable consiste à opposer une réponse internationale massive, coordonnée et à nulle autre pareille. (…). Nous devons faire notre maximum pour limiter les souffrances et aider les pays à renouer avec une trajectoire de croissance durable’’. 
 
Directeur général des opérations de la Banque mondiale, il a déclaré que ‘’seule une action rapide de grande envergure évitera que cette crise ne rime avec une recrudescence de la faim, de l'analphabétisme et des troubles sociaux.  En travaillant de concert avec les gouvernements, les entreprises, les partenaires du développement et les organisations multilatérales, sur toute l’étendue du spectre public-privé, nous prouvons que nous pouvons relever ce défi. Et c’est en poursuivant cette collaboration globale intense que nous réussirons’’.
Samedi 9 Mai 2020
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :