Coupure des réseaux sociaux au Gabon : le groupe Meta pointé du doigt


La suspension des réseaux sociaux depuis mercredi au Gabon vise principalement les plateformes du groupe Meta (Facebook, Whatsapp, Instagram), selon la présidence gabonaise qui lui reproche une régulation insuffisante des contenus.

Cette coupure intervient alors que Brice Oligui Nguema, arrivé à la tête de ce pays d'Afrique centrale de 2,5 millions d'habitants par un coup d'Etat en 2023 et élu président l'an dernier, est confronté depuis plus d'un mois à une grève des enseignants qui se poursuit par endroits, première vague de contestation sociale de son mandat.

"Il s'agit d'une suspension des plateformes soir du groupe Meta", a affirmé mercredi Jennyfer Mélodie Sambat, porte-parole adjointe de la présidence, mercredi soir sur le plateau de TV5 Monde, pointant du doigt "des publications diffamatoires qui ont été signalées à plusieurs reprises et qui entravent la cohésion sociale" au Gabon.

Facebook et l'application chinoise TikTok - réseaux sociaux les plus utilisés au Gabon -, Youtube (propriété du groupe Alphabet, maison-mère de Google) et Instagram étaient toujours coupés, jeudi selon des journalistes de l'AFP, tandis que la messagerie Whatsapp fonctionnait par intermittence et différemment selon les.

A la suite de cette suspension, le groupe Meta a contacté les autorités gabonaises pour entamer les négociations, a expliqué Mme Sambat.

"Cela fait déjà plus d'un an et demi qu'on fait des avertissements, y compris des signalements de ces différentes publications", a martelé la porte-parole adjointe, il est inconcevable qu'après de nombreuses alertes du gouvernement, le groupe ne fait rien".

Outre des publications jugées "diffamatoires", elle a évoqué des "contenus à caractère violent, voire pornographique".

Mme Sambat n'a pas évoqué les cas de Youtube ou TikTok qui n'appartiennent pas à Meta et sont pourtant également suspendus.

Mardi soir, les autorités gabonaises avaient annoncé la suspension "jusqu'à nouvel ordre" des réseaux sociaux, invoquant notamment la diffusion "récurrente" de "contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l'honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale".

Mme Sambat a balayé les inquiétudes concernant l'impact de la suspension sur l'économie informelle du pays où la vente en ligne via Facebook est très populaire, arguant que "les plateformes du groupe Meta ne représentent pas internet".

Interrogée sur la durée de la coupure, elle a déclaré que « les Gabonais vont attendre », évoquant « une décision assumée pour la cohésion sociale ».

Mercredi, le porte-parole de la présidence gabonaise Théophane Zamé-Nze Biyoghe avait affirmé à l'AFP que la mesure était "temporaire" en vue de "légiférer" et "encadrer" l'usage des réseaux sociaux.

Jeudi 19 Février 2026
Dakaractu