La cérémonie de ce 7 août 2026 était très symbolique car c'est la première fois que le tambour parleur était dévoilé au grand public ivoirien depuis son retour dans le pays. Il y a d'abord eu le défilé militaire. Puis, le tambour a ouvert le défilé civil. Ce dernier était posé sur un camion rouge, protégé par une vitrine. Il était entouré de deux chefs traditionnels ébriés.
À côté de ce camion, il y avait des personnes habillées en tenue traditionnelle qui chantaient solennellement « Djidji Ayôkwé » pour célébrer son retour. Le tout sous l'œil à la fois curieux et enthousiaste du public. « Je suis fière et heureuse », a affirmé Marie-Ange, une habitante de Yopougon qui, comme tant d'autres ce vendredi matin, a immortalisé ce moment sur son téléphone portable.
Après Yopougon, le Djidji Ayôkwé a pris le chemin de la commune d'Adjamé, où une cérémonie traditionnelle a été organisée dans l'après-midi.
Yopougon est la plus grande commune de Côte d'Ivoire en termes d'espace, mais aussi en termes de population. Politiquement parlant, c'était jusque-là considéré comme le fief de l'ancien président Laurent Gbagbo (2000-2011). Mais les choses ont changé. Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti présidentiel, dirige la mairie depuis une dizaine d'années maintenant. « Le développement doit irriguer l'ensemble du territoire national », a souligné jeudi soir Alassane Ouattara. Le président ivoirien, en poste depuis 2011, veut par ce geste montrer une image de rassemblement dans les capitales économiques et politiques.
Côté opposition, plusieurs personnalités étaient présentes ce vendredi matin, notamment l'ancien ministre Charles Blé Goudé, ainsi que plusieurs cadres du Parti démocratique de Côte d'Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI). Dans une vidéo, le leader du PDCI, Tidjane Thiam, a rendu un hommage appuyé au président ivoirien. Il a salué « les gestes posés ces derniers mois ». Le RHDP était en effet largement représenté aux 80 ans du PDCI. « Ces gestes visent notre volonté d'ouverture et de dialogue », a souligné Tidjane Thiam.
Enfin, le Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo est plus distant et plus critique vis-à-vis de cette cérémonie. Il ne participe pas à ces festivités. Michel Gbagbo, le fils de l'ancien président ivoirien, « déplore plus de 1 000 prisonniers politiques », selon ses mots, tout en dénonçant la cherté de la vie dans le pays.