Coopération : François Hollande à Kinshasa, par devoir (selon le journaliste Léon Anjorin KOBOUDE)


François Hollande a mis fin au suspens, en affirmant qu’il sera bel et bien à Kinshasa à l’occasion du 14ème Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Une annonce qui relève du bon sens, même si elle irrite quelques associations de défense des droits de l’homme en République Démocratique du Congo où la démocratie chancelle depuis des années.



Pour son premier voyage en Afrique, ça tombe mal pour le président français qui bénéficie pourtant d’un préjugé favorable sur le continent. Sa volonté d’effacer les « miasmes de la Françafrique » a enchanté de nombreux Africains. Mais en annonçant sa participation au 14ème Sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), prévu du 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa en République Démocratique du Congo, François Hollande sait que sa décision sera critiquée.

Quelques heures après son annonce, les réactions se sont enchaînées. La plus retentissante, pour l’instant, est celle du président de l’Association Convergence pour l’émergence du Congo. « Le choix du président Hollande de se rendre à ce sommet est une insulte ! Un mépris et un manque de considération pour le peuple congolais et français ! », a déclaré Jean-Louis Tshimbalanga dans une interview à notre confrère Afrik.com. Hollande n’échappe pas aux diatribes dans les bars, gargotes ou salons huppés de Kinshasa. Si le gouvernement congolais peut se targuer d’avoir gagné un coup diplomatique, ses détracteurs y voit un « mauvais » geste du président français à l’endroit d’un régime qui n’est pas un champion de la démocratie. Même en promettant de « tout dire » et de rencontrer l’opposition congolaise, François Hollande ne semble pas convaincre tout le monde. Et pourtant, des arguments ne manquent pas pour justifier pleinement la participation d’un président français à un Sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie quel que soit le lieu.

La France est la locomotive de la Francophonie. Elle se glorifie de l’expansion du monde francophone, notamment en Afrique. En 2050, 80% des Francophones seront africains, 700 millions de femmes et d'hommes. Le siège de l’OIF est basé à Paris. L’Organisation pèse 75 Etats et gouvernements. Même si sur la liste des illustres pères fondateurs de la Francophonie, les anciens présidents du Niger et du Sénégal, Hamani Diori et Léopold Sédar Senghor y figurent en bonne place, la Francophonie est aujourd’hui un « joli costume » qui sied bien à la France et constitue une valeur ajoutée à sa côte de pays puissant. Dans le jeu des relations internationales et des intérêts géopolitiques, la France s’appuie naturellement sur le monde francophone. En faisant la promotion de la démocratie, la défense des droits humains et la diversité culturelle, l’OIF s’arrime tout naturellement à des valeurs défendues par la France sur la scène internationale. Des valeurs positives, bien sûr… En d’autres termes, la Francophone est un bras de la France.

A Kinshasa, il ne s’agira pas de tresser les lauriers à Joseph Kabila et à son régime mis à mal par une rébellion grandissante dans l’Est de la RDC. Mais plutôt un rendez-vous de la Francophonie, composée de pays démocratiques et moins démocratiques. Une rencontre multilatérale à laquelle le président de la République française DOIT participer, par devoir et par respect pour des centaines de millions de personnes, à travers le monde, sachant lire, comprendre et écrire le français. L’occasion, la tribune et le lieu seront peut-être propices pour rappeler à Joseph Kabila les règles élémentaires de la démocratie, mais l’essentiel en cette circonstance doit être la célébration de la Francophonie, notre « monde » !!! Après, les réflexions doivent être portées sur le mode du choix des pays méritant et pouvant abriter un Sommet de la Francophonie. C’est le réel enjeu à viser si nous ne voulons pas nous engluer dans des accusations sans suite…



Léon Anjorin KOBOUDE
Vendredi 31 Aout 2012
Léon Anjorin KOBOUDE