Conséquence de l'inefficacité du vaccin d'Astrazeneca pour les plus de 65 ans : les chances africaines d'atteindre l'immunité collective réduites ?


Le vaccin du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca a été autorisé en France par la Haute autorité sanitaire (HAS). Mais il n'est pas recommandé pour les personnes âgées de plus de 65 ans. Ce n'est pas une première en Europe où ce vaccin fait l'objet de réserves dans beaucoup de pays pour cette tranche d'âge. L'Allemagne a donné le ton en l'interdisant pour les personnes âgées. Ce doute sur son efficacité proviendrait de la timidité de la présence de ce groupe d'âge dans les essais cliniques du laboratoire anglo-suédois. Pourtant, il est plus facile à conserver que les deux vaccins à ARNm, Pfizer/BioNTech et Moderna déjà autorisés en Europe.

Cette inefficacité du vaccin d'AstraZeneca pour les personnes âgées de plus de 65 ans, en sus de retarder la campagne de vaccination en Afrique, risque de la rendre moins performante. La majorité des pays africains ont adhéré au dispositif Covax pour disposer de doses au plus tard au premier trimestre de cette année. Or le seul laboratoire avec lequel l'initiative Covax a signé des accords pour 150 millions de doses via des accords avec le Serum Institute of India pour cette échéance se trouve être AstraZeneca. Serum Institute of India a vendu 1 million de doses du candidat d'Astrazeneca à l'Afrique du Sud.

Le mécanisme Covax a aussi annoncé la signature d'un contrat d'achat anticipé portant sur 40 millions de doses du vaccin Pfizer/BioNTech. Au total, Covax ambitionne de fournir 2 milliards de doses en 2021, dont 1,3 milliard à 92 pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

Mais sachant que les personnes âgées font partie du groupe prioritaire à vacciner, une éventuelle non-recommandation du vaccin d'AstraZeneca pourrait rendre la vaccination moins efficace.

Dans des pays comme le Sénégal, des études ont montré que le virus est très présent dans la tranche d'âge des 65 ans et plus. C'est d'ailleurs ce qui expliquerait la hausse des décès notée depuis début décembre. Ce qui veut dire que si un vaccin devait être inefficace dans ce groupe, il ne serait d'aucune utilité dans la lutte contre le coronavirus.

Devant un tel schéma à ne pas exclure, compte tenu de la dernière actualité, frapper à d'autres portes devient plus que recommandé. C'est d'ailleurs déjà le cas puisque des négociations en cours avec la Chine devraient permettre au Sénégal de disposer d'au moins 200 000 doses du vaccin de Sinopharm efficace à 79% et conservable entre 2 et 8 degrés. Pourquoi pas le Spoutnik V dont l'efficacité vient d'être portée à 91%, selon les résultats des essais cliniques de la phase III ?
Mardi 2 Février 2021
Dakaractu




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