Le jeudi 28 juin sera le tour de la capitale du sud de recevoir le président Macky Sall et son gouvernement dans le cadre du Conseil des ministres. A cet effet, gouverneur de région et toutes les autorités régionales sont déjà à pied d’œuvre pour gagner le pari de l’organisation à l’image des deux autres capitales régionales qui ont eu à recevoir l’équipe gouvernementale. L’étape de Ziguinchor est particulière, avec toutes les difficultés que la région a connues ces dix dernières années à cause du conflit qui y sévit. La paix et la sécurité seront des points majeurs de ce conseil des ministres. Ainsi, Macky Sall et son gouvernement sont appelés à apporter des solutions concrètes pouvant sortir la Casamance du gouffre dans lequel elle est plongée depuis plus de deux décennies. La Casamance a besoin de finir avec ce conflit fratricide qui ne profite à personne. Et, les populations demandent aux nouvelles autorités de ce pays de prendre de façon sérieuse cette question brûlante. « La Casamance est fatiguée. Depuis des années, nous souffrons de ce conflit. Nous avons beaucoup d’espoirs avec l’arrivée du nouveau président surtout qu’il va tenir un conseil des ministres chez nous », souligne Moussa Mané. Avant de poursuivre : « c’est à eux, les nouveaux dirigeants de ce pays, d’abréger la souffrance des populations ». Ainsi, les populations qui attendent le président sur la question de la paix, souhaitent qu’il multiplie les démarches afin qu’une rencontre soit tenue avec les séparatistes du mouvement des forces démocratiques dans les plus brefs délais. « Le gouvernement ne doit pas s’arrêter à de simples déclarations. Des mesures concrètes doivent être prises allant dans le sens de trouver des solutions pour que la Casamance retrouve sa quiétude d’antan », souhaite Souleymane Sané. A cause du conflit, la pauvreté s’est accentuée dans cette partie méridionale du Sénégal. Plusieurs familles vivent dans la pauvreté. Les jeunes formés ont du mal à trouver un emploi. En plus, une dizaine d’unités industrielles de transformation a fermé faute de moyens. Et par conséquent, leurs employés se sont retrouvés au chômage. « Les unités de transformation de produits halieutiques sont fermées depuis belles lurettes. Elles employaient des milliers de personnes. Elles étaient en quelques sortes le fleuron de l’industrie du sud. On n’a pas de quoi vivre. On est dans une pauvreté totale », a fait savoir un ancien employé de l’une des unités fermées, qui a parlé sous le sceau de l’anonymat. Interrogés à ce sujet, nombre de Ziguinchorois ont lancé un appel aux ministres de l’Economie et à celui du Travail pour qu’ils s’attellent à la réouverture de ces unités de transformation des produits halieutiques. « Tout ce que nous demandons à notre président et à nos ministres, c’est la réouverture de ces unités. Tout ce que nous voulons, c’est de travailler », supplie un ex-travailleur au chômage. Par ailleurs, un autre dossier brûlant attend le président Macky Sall. C’est la réhabilitation du pont Emile Badiane qui menace de s’écrouler sous le poids de la vieillesse. Cet ouvrage est une menace permanente pour ceux l’empruntent. La qualité de ce pont, qui lie la ville de Ziguinchor au reste du pays, a soulevé de multiples interrogations. « Le pont est un danger réel. On a toujours tiré la sonnette d’alarme pour attirer l’attention des autorités. Depuis lors rien a été fait », déplore Papis Sadio, responsable du regroupement des chauffeurs de la gare routière de Ziguinchor. Pour éviter un second Joola, il estime qu’il faut faire face à ce problème dans les plus brefs. En outre, le retour des réfugies et leur réinstallation dans leurs villages respectifs, est aussi un autre dossier. Aujourd’hui, beaucoup de villages sont rayés de la carte à cause de l’insécurité qui y sévit. Face à la violence, dont les éléments du Mfdc sont accusés, les populations se sont déplacées, vers la Gambie ou à l’intérieur du pays. Ainsi, pour certains ziguinchorois, il est nécessaire d’aider ces déplacés à retourner dans leurs villages respectifs, avec des mesures d’accompagnement. « Dans la communauté rurale de Santhiaba Manjack, située dans le département d’Oussouye, certaines localités sont toujours désertes. Aujourd’hui, l’urgence pour le gouvernement, c’est de travailler pour le retour de ces populations qui ne demandent qu’à être accompagnées », estime notre interlocuteur qui a préféré garder l’anonymat.
Amine Sagna -Loffice
Amine Sagna -Loffice