Conflit Sénégal/MFDC : « ce qui vient de se passer peut apparaître comme une des dernières péripéties du conflit… Salif Sadio est affaibli et n’a plus de capacité militaire pour s’en sortir » (Jean Claude Marut)


Depuis 40 ans, la zone sud du Sénégal, plus précisément la Casamance, est l'objet d'une revendication indépendantiste formulée par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) et à laquelle s'oppose l’État sénégalais. 
Affaiblie, la rébellion selon le chercheur Jean Claude Marut, spécialiste du conflit Casamançais, pense qu’ « elle se livre à des actions criminelles pour survivre ». Une affirmation que le spécialiste a décrypté lors de son passage à RFI.
 
« On attend depuis un an, une offensive ultime de l’armée sénégalaise pour liquider les deux poches de résistance »
 
Le chercheur d’indiquer que le départ de Yaya Jammeh a fragilisé le MFDC. « Yaya Jammeh a fourni au Sénégal l’occasion d’intervenir en Gambie pour rétablir la démocratie. Et à partir de là, Salif Sadio se trouvait encerclé entre les éléments sénégalais qui composent pour l’essentiel la MICEGA et les forces sénégalaises présentes en Casamance. Il se trouve affaibli et n’a plus de capacité militaire pour s’en sortir. On attend depuis un an, une offensive ultime de l’armée sénégalaise pour liquider les deux poches de résistance que sont au Nord de la Casamance, Salif Sadio et au Sud, César Atoute Badiate ».
Cette rébellion largement coupée des populations se livrent à des actions criminelles pour survivre, a-t-il ajouté. « Le trafic illicite de bois et la drogue, le cannabis..., qu'ils considèrent comme des intérêts économiques au profit des rebelles », même si, dira-t-il, la rébellion n’est pas la seule à se nourrir de cela. Il a ainsi pensé aux trafiquants de la Guinée Bissau avec le trafic de la cocaïne.
« Il y a un renforcement du rapport de force en faveur de l’État sénégalais, qui n’a fait que s’accélérer ces dernières années, notamment ce qui s’est passé dans les pays voisins. Il y a une sorte d’avancée inexplorable vers la paix qui est en train de se dessiner. Ce qui vient de se passer peut apparaître comme une des dernières péripéties du conflit », a-t-il confié.
Ce dernier a, sur la longévité du conflit, indiqué que le MFDC n'a d'autre proposition que l'indépendance tandis que l’État essaie de trouver un accord de paix qui permette le retour des rebelles à la vie civile et la normalisation définitive de la vie quotidienne des casamançais...
 
 
 
 
 
 
Mercredi 16 Février 2022
Dakaractu




Dans la même rubrique :