Le secrétaire général de la fédération départementale du Pds, Ndiogou Dème, est catégorique sur la défense des libertés individuelles et collectives. À cela, il ajoute la mévente de l’arachide qui a mis le monde rural dans une situation inconfortable. Dans la foulée, il est revenu sur le zapping de la région par le PR, ce qu’il juge être une « faute politique ».
Dans cet entretien, il passe en revue la gouvernance, la diplomatie, l’économie, la situation du Pds tout en invitant les populations à la vigilance.
À l’en croire, « la lecture sur la restriction des libertés est simple. Dès le départ, ils nous ont dit qu’ils veulent un parti-état. D’ailleurs, ils sont en train de le montrer en disant que les décisions doivent émaner de leur parti seul. Mais ils oublient que ce pays a été construit par des hommes aussi intelligents qu’eux ou plus même. En ce sens, on ne peut pas remettre en cause plus de 60 ans de lutte pour la démocratie, des libertés avec des élections libres et transparentes. Mais aujourd’hui, nous souffrons de questions de démocratie. C’est pourquoi, il faut laisser les gens s’exprimer librement sans peur ni crainte au nom de la liberté d’expression. Et je crois que c’est dans la critique que l’on peut tirer les bonnes solutions. Ce pays appartient à nous tous et nous y avons notre contribution. »
Il ajoute : « la convocation de Doudou Wade ne nous a pas surpris. Et le propos de ce dernier était juste un exemple sur la gestion du pays. Mais, je ne pense pas qu’il ait l’intention d’inciter à la violence ou la destitution du pouvoir. En ce sens, le Pds n’a jamais agi avec la force mais avec l’esprit et l’intelligence. Ce régime est allergique aux critiques. Avec tout ce qu’ils ont fait, dit en étant à l’opposition, nous pensions que leur premier chantier serait de réviser l’article 80. Mais, nous voyons qu’ils en ont usé en un temps record, bien plus que les gouvernements passés. Aujourd’hui, on n’acceptera pas qu’on ramène ce pays aux années 60, 70 ou 80 car nous y ferons face. Et je pense qu’ils sont en train de vivre la réalité de l’État … »
Sur la visite, il dira : « cette situation ne me surprend pas car je savais que Kolda serait zappée de la visite du président de la République. D’ailleurs, le président de la République et son PM nous ont montré qu’ils n’ont pas le temps pour la région. Et ceci s’entrevoit par le retrait du petit ministère que nous avions au sein du gouvernement, sans nous donner aussi une direction générale avec laquelle la région pourrait compter. Ils nous ont clairement montré qu’ils n’ont pas de considération ni d'égard pour notre région. Et les populations doivent faire l’analyse politique de ces détails. »
Il poursuit : « mon parti a accompagné la coalition Diomaye président mais nous avons décliné notre participation à ce gouvernement. D’ailleurs, on sentait que le Sénégal avait besoin de changement mais au finish, on se rend compte que ce pouvoir ne peut pas mener ce pays à bon port. C’est pourquoi, nous devrions tirer toutes les leçons de ces visites que le président de la République a effectuées à Ziguinchor, Sédhiou et le Sénégal oriental en nous laissant en rade. »
Dans cette lancée, il soutient : « ils peuvent nous zapper, mais ce qui est sûr est que Kolda a toujours montré son engagement politique pour le développement du pays. En ce sens, ils ont peur de visiter notre région car ils savent que les paysans ne sont pas contents puisque les productions sont en souffrance. Et le koldois dira toujours ce qu’il pense en disant la vérité quel que soit le rang ou la posture politique de l’individu. »
Sur la situation politique, il estime : « nous avons été victimes de l’ignorance gouvernementale et de la gestion de nos dirigeants. Comme on le dit souvent, la diplomatie ne se fait pas sur la place publique. Malheureusement, le populisme les a emportés en ne faisant pas bonne lecture de la situation nationale qui doit s’accommoder aux réalités internationales. C’est pourquoi, le pays se trouve dans une situation délicate. Les populations ne sentent pas ce gouvernement sur le plan réalisation matérielle. Et jusqu’à présent, je n’ai pas vu une once de réalisations de ce gouvernement depuis son installation. Et tout le monde ressent les contrecoups de leurs agissements improductifs qui ne sont pas en adéquation aux réalités gouvernementales et internationales. »
A propos du Pds, il rappelle que « souvent les gens ont tendance à dire que le PDS n’existe plus sur le plan politique. À ce titre, nous savons ce que nous faisons en terme de mobilisation et d’organisation politique. D’ailleurs, après le renouvellement des instances de base, nous avons initié le « doxantu politique » dans le département qui sera clôturé par un grand meeting. En ce sens, nous avons demandé à la direction nationale à ce que le mois de mai soit dédié à notre penseur politique en l’occurrence maitre Abdoulaye Wade pour célébrer en même temps ses cent ans... »