Condamnation de Lamine Diack : « C’est exceptionnel à ce point, d’écarter de façon si systématique, si obstinée, si massive toutes les incohérences (…) Nous allons contester cette décision en faisant appel (Me William Bourdon, Me Simon Ndiaye)


Condamnation de Lamine Diack : « C’est exceptionnel à ce point, d’écarter de façon si systématique, si obstinée, si massive toutes les incohérences (…) Nous allons contester cette décision en faisant appel (Me William Bourdon, Me Simon Ndiaye)

Le verdict dans le dossier Lamine Diack poursuivi dans une affaire de corruption sur fond de dopage russe à Paris condamne le mis en cause à 4 ans de prison dont 2 ans avec sursis et 500.000 euros d’amende environ 329 millions FCFA. Cependant la défense compte interjeter appel de la décision qualifiée d’injuste.

 

« Cette décision est injuste et inhumaine. Elle est injuste parce qu’on voit que le tribunal a cherché à faire dans le politiquement correct. Il a voulu se servir de monsieur Diack comme étant un bouc émissaire » a soutenu Me Simon Ndiaye après l’annonce du verdict. 

 

Selon le conseil, « en lisant cette décision le tribunal nous a montré qu’il n’a fait qu’épouser de façon entière la thèse du parquet. Aucun élément présenté par la défense n’a été écouté. 

 

Toutes les thèses du parquet ont été épousées sans recul alors que le parquet à la fin du réquisitoire avait dit, j’ai des doutes, aujourd’hui, nous avons un tribunal qui n’a plus de doute, le tribunal a des certitudes ». Me Ndiaye a confié relever plusieurs anomalies au cours du jugement. 

 

« Nous avons noté plusieurs incohérences, notamment, quand on dit il y’a eu financement de campagne et que dans le même temps on reconnait qu’on a vu aucune trace de ce financement. On nous dit qu’il a abus de confiance, que 15 millions de dollars ont été détournés par le biais de contrat mais ceux qui ont signé le contrat ne sont pas mis en cause, les bénéficiaires du contrat ne sont pas mis en cause, ceux qui travaillent avec monsieur Diack, y’en a aucun qui est poursuivi dans le cadre du marketing, cela est profondément injuste » a défendu l’avocat devant la presse internationale. 

 

« Nous trouvons que cette justice a voulu faire de la morale et non pas du droit et c’est dangereux, c’est pourquoi nous allons contester cette décision en faisant appel »,  a-t-il conclu.

 

« C’est une décision ahurissante »

 

Pour sa part, Me William Bourdon se dit surpris du verdict jugeant son client, Lamine Diack coupable devant la 32e chambre du tribunal correctionnel à Paris.

 

« C’est une décision ahurissante. Le ton avait été donné pendant l’audience, tout le monde avait entendu le ton de la présidente qui était déjà une indication comme un pressentiment de ce qui allait se passer. Dans tous les cas c’est ce que nous avons ressenti et ce pressentiment s’est trouvé confirmé par un jugement de façon tout à fait exceptionnel »,  

a soutenu le conseil. 

 

« Le jugement avale religieusement la présentation partielle et partiale des faits présentés par le procureur de la république, c’est exceptionnel à ce point dans un jugement d’écarter de façon si systématique, si obstinée, si massive toutes les incohérences, tous les éléments à décharge pour essayer de faire tenir debout un verdict de culpabilité que nous allons contester fermement par la cour d’appel », a défendu Me Boudon. 

 

Ce dernier qui se dit confiant quant à la suite à donner au verdict croit que dans les grands procès financiers, la cour d’appel des mois après un jugement inhumain, inique et ahurissant, corrige les choses, rappelle le droit, rappelle la cohérence des faits et rend justice et son honneur à Lamine Diack. 

 

« Dans la durée nous restons confiants sur l’issue finale de cette procédure qui devra se terminer par une relaxe totale de Lamine », a conclu Me William Bourdon.

Mercredi 16 Septembre 2020
Dakaractu



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