Dans un moment fort de son discours à la cérémonie du Concours général 2026, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est adressé aux lauréats de cette édition dans une déclaration d’une portée particulière, qui résume à elle seule l’esprit de son propos sur l’école et la jeunesse sénégalaise. « Mes chers élèves, et d’abord à vous, chères lauréates, chers lauréats : aujourd’hui, la République vous honore. Demain, elle vous appellera à la servir », a-t-il déclaré, posant d’emblée le principe d’une reconnaissance qui n’est jamais gratuite, mais toujours porteuse d’une exigence à venir. En reconnaissant que ces jeunes figurent « parmi les meilleurs de leur génération », le chef de l’État a immédiatement tenu à recadrer le sens de cette excellence, refusant qu’elle soit perçue comme un statut acquis ou un aboutissement en soi.
Dans son discours, le chef de l’Etat rappelle que « l’excellence n’est jamais un privilège : elle est le fruit de l’effort. » Par cette formule, Bassirou Diomaye Faye a voulu ancrer la réussite scolaire dans une éthique du travail et du mérite, en rupture avec toute idée de don naturel ou de position héritée. Un principe qui rejoint la vision plus large développée dans son discours, celle d’une « République de l’égalité des chances » où l’avenir de chaque enfant ne dépendrait ni de son origine sociale, ni de son lieu de naissance.
Mais l’essentiel de la déclaration semble résider sans doute dans son dernier mouvement, celui du basculement de l’individuel vers le collectif. « Votre nation attend désormais que vous mettiez vos talents au service d’une ambition plus grande que vous-même », a affirmé le président, avant de conclure par une phrase appelée à marquer les esprits : « elle ne vous demande pas d’être les meilleurs pour vous-même : elle vous demande d’être les meilleurs pour le Sénégal. »
Cette intervention, visiblement, condense à elle seule la philosophie que le chef de l’État a défendue tout au long de son allocution : celle d’une école conçue non comme un simple vecteur de réussite personnelle, mais comme le creuset d’une nation appelée à se hisser, par l’intelligence et le mérite de sa jeunesse, parmi les grandes puissances du savoir.