Dakaractu.com - Khalifa Sall, le maire de Dakar a un agenda chargé. entre la conférence des maires du monde entier qui se tient à partir d’aujourd’hui à Liège en Belgique et la préparation d’Africités qui s’ouvre à Dakar en Décembre, il a du pain sur la planche et tient à passer son temps à le pétrir, tout en se tenant loin des coups bas locaux. Cela ne l’empêche pas de donner des coups à fleurets mouchetés à quelques concurrent de son bord et à se positionner comme recours à l’alternance. Comment croire un seul instant qu’il est indifférent aux sorties musclées contre Tanor Dieng venant de Malick Noël Seck, qui aurait joué le rôle du petit maure qui sort de la tente? Cette sortie l’arrange, quoiqu’on en dise, car elle vient remettre sur le tapis la notion de renouvellement de la classe politique, symbolisée par des dinosaures de la politique qu’il vient de tancer depuis Paris leur reprochant de ne s’intéresser que des dividendes espérés de leur trajectoire politique certes historique, mais vierge de succès électoraux probants, en squattant l’anti-chambre du chef de l’état, «l’étouffant même» selon ses propres termes. Il leur demande en gros de renouveler le genre politique, qu’il incarne dans sa mairie dirigée avec d’autres élus de divers partis, donnant prime à la jeunesse et à la novation de propositions. Il travaille à son agenda municipal et tente de donner corps à ses idées faites de consensus et de consultations, et surtout parle volontiers de dynamique, d’élan. Khalifa Sall a compris que la jeunesse et surtout le vent «y’en a marriste» est en train de rafraîchir sérieusement l’atmosphère politique, et qu’il lui faut se positionner contre ceux dont le discours et la doctrine, même louable, ne colle plus avec l’air du temps et avec les urgences sociales qui demandent de la hardiesse et de l’audace pour entrevoir leurs résolutions. Macky Sall a ouvert la brèche des post indépendances, il va s’y engouffrer en appuyant là où ça fait mal : l’inadéquation d’une classe politique avec les désirs d’une population aux désirs fulgurants et aux exigences martelées en slogans ravageurs. Khalifa veut être Calife. Les grandes manoeuvres commencent par «la déclaration dite de Paris».
Commentaire du jour : Khalifa Sall surfe sur un désir d’alternance générationnelle.
Mardi 9 Octobre 2012