Comment François Hollande pourrait-il échapper au triangle des Bermudes qu’il forme avec Ségolène Royal et Valérie Trierweiler ?

Ségolène Royal s'est inquiétée dans la presse des ravages politiques induits par le triangle des Bermudes qu’elle forme au sommet de l’Etat avec Valérie Trierweiler et François Hollande. Et si pour régler la situation, le président nommait Royal à Matignon et épousait Trierweiler ?


Personne ne dira le contraire : les temps sont durs pour le nouveau locataire de l’Elysée. Son Premier ministre ne semble pas être à la hauteur de la tâche, les cafouillages au sein du gouvernement ne se comptent plus. Le chef du gouvernement lui-même s’y est mis. Exemple : sa gaffe annonçant une censure par le Conseil constitutionnel de la loi sur le logement social, alors que les Sages ne s’étaient même pas encore réunis pour discuter de cette loi. En matière de boulettes, on dirait qu’aucun ministre ne veut être en reste. Jamais sous la Ve République n’avait-on vu une série si touffue de maladresses. Et on n’en est qu’à six mois de présidence. Cela promet.

D’autre part, il y a la droitisation de la société française, révélée par un sondage publié par le journal Le Figaro dans son édition du 26 octobre, même si Mélenchon essaie de tirer la gauche, et le PS avec, et donc l’Elysée, dans le sens contraire. Dans ces conditions, la marge de manœuvre du président de la République ne peut que rétrécir.

La remontée de la popularité de l’ancien président Sarkozy n’est pas, elle non plus, à égayer l’humeur élyséenne. Cerise sur le gâteau : la confiance des Français en leur président et leur gouvernement atteint des niveaux sans précédent si peu de temps après le début d’un quinquennat.

Côté affectif, la vie ne doit pas être un long fleuve tranquille pour M. Hollande, tiraillé comme il doit l’être entre les piques de son ancienne et la jalousie de son actuelle.

L’équation n’est pas facile. Ou plutôt les équations. Car, en fait, il y en a deux : l’équation politique, c’est-à-dire le fourbi gouvernemental et la désaffection croissante des Français, puis l’équation personnelle, avec la dangereuse animosité entre l’ex et la courante.

En principe il est très tôt pour changer de Premier ministre. Cela ferait fourbi. Et pourtant, peut-être sera-t-il pour Hollande politiquement moins coûteux de changer de Premier ministre à ce stade que de le garder encore et prendre le risque de nouvelles cascades de cafouillages.

Mais pour nommer qui à sa place ? Pour cela il vaudrait mieux pour lui de se mettre en phase avec la tendance droitière de la société française, quitte à désespérer Mélenchon et l’Huma. Le nouvel heureux élu pour Matignon, il faudrait donc le chercher plutôt côté droite du PS.

Cela disqualifie d’emblée Martine Aubry, trop ancrée à la gauche du PS, avec son écuyer Benoît Hamon. Qui plus est, il est bien connu que ce n’est pas la confiance et l’amitié qui la lie au président – l’histoire de « la gauche molle » en étant un échantillon.

Il y a, alors, Manuel Valls, plus à droite tu meurs au sein du PS. Sauf que, sans grande expérience dans la cuisine gouvernementale, rien ne dit qu’il s’avérerait être moins foireux que l’actuel Premier ministre.

Qui reste donc ? Eh bien, celle qui, lors de la campagne de 2007, osa soulever des « thèmes de droite » (rappelons le tollé qu’elle créa pour avoir fait chanter La Marseillaise dans un meeting). A cause de ses « dérives droitières », elle s’était fait tirer les oreilles par ceux qui croient encore au Grand Soir de la Révolution. Cette perle rare, capable de dépanner politiquement le président Hollande, vous l’avez deviné déjà, cher lecteur, n’est autre que Ségolène Royal.


Anticipant un changement au sommet du gouvernement, Le Figaro vient de présenter une liste de premiers ministrables où Mme Royal ne figure même pas (cf. « Les côtes des premiers ministrables », 26.10.2012). Mais cela ne veut rien dire. Le fin politologue avait écrit tout un livre sur « Les présidentiables 2007 » où, là non plus, Ségolène ne paraissait pas. Et pourtant, on connaît la suite.

Mais alors, direz-vous, les dégâts à l’Elysée seraient considérables. Une telle décision mettrait la première concubine dans une colère rouge – ou rose, puisqu’on est au PS.

Heureusement, la solution existe. Il suffit de la rencontrer. La voici.

Suivant les conseils à peine voilés de l’ancienne première dame Carla Bruni, et pour rétablir la paix au sein de sa famille, François Hollande n’a qu’à… amener Valérie devant le maire. Elle serait ravie, pardonnant au passage à son époux l’affront d’avoir choisi Ségolène pour Matignon.

C’est serait un travail de fin politicien, capable de faire oublier, ne serait-ce que pour un temps, et la hausse du chômage, et la perte de compétitivité de l’industrie française, et les déficits des comptes de l’Etat, et les plans sociaux à répétition, et la révolte des pigeons.

Que l’état de grâce ainsi retrouvé n’aurait pas vocation à durer ? Surement. Mais après tout, qu’importe. Hollande n’a pas de vision de long terme ; il navigue à vue. Cette solution peut donc lui convenir

Tout cela, ajouterez-vous, ferait un peu désordre. Et encore une fois, c’est vrai. Mais, dans ce quinquennat, avouez-le à votre tour, on n’en est pas à un désordre près.
Lundi 29 Octobre 2012
atlantico.fr