Combat contre l'autocratie en Afrique : « On peut toujours espérer faire germer une graine d'espoir sur ce terreau pourri » (Fadel Barro, AFRIKKI)


Tendre vers l'avenir qu'il faut à l'Afrique tout en s'imposant à travers un engagement citoyen constant, telle est la conception de la plateforme citoyenne et panafricaine AFRIKKI. Ce matin, l’ouverture officielle de la 2e Édition de l’Université populaire de l'engagement citoyen (UPEC) s'est déroulée sous la présence d'activistes d'Afrique et de mouvements citoyens pour échanger sur le thème relatif à l'avancée de l'autocratie dans le continent africain. Fadel Barro, l'un des activistes faisant partie de la plateforme et connu du public Sénégalais, a soutenu que "pour changer les choses, il ne faut pas seulement se limiter à dénoncer, mais plutôt être acteur à travers des interactions pour impacter sur cette autocratie qui s'affirme de plus en plus".  

 

Se référant aux propos de l'ancien coordonnateur du mouvement Y'en A Marre, "pérenniser les initiatives qui avaient été déclenchées pose souvent problème. Il est cependant heureux de voir cette jeunesse africaine bien engagée dans la dynamique du changement". Il est également, pendant cette 2e édition de l'Université populaire de l'engagement citoyen, nécessaire de s'interroger sur le parcours politique et citoyen du continent, mais surtout sur l'avenir en commun. En effet, pour Fadel Barro, "ce qui se passe dans un pays donné doit naturellement intéresser celui de l'autre côté. Ce n'est pas parce que ça se passe quelque part en Afrique que cela ne doit pas impliquer l'autre citoyen du même continent." C'est pourquoi Mr Barro estime qu'il est pertinent de mener ensemble le combat commun pour façonner l'avenir.

 

L'immgration clandestine : La face visible de l'iceberg

 

D'après son analyse, Fadel Barro fait savoir que cette question doit faire l'objet d'une analyse beaucoup plus profonde. Ce phénomène doit faire partie de ces questionnements qui pourront nous amener à nous poser la question de savoir pourquoi ces jeunes partent ? Tentant de donner une explication, Fadel Barro considère qu'il y a l'idée de la fuite, mais également de recherche d'une situation aisée pour sa famille (lui donner à manger, subvenir à certains de ses besoins etc...).

 

D'après l'activiste, "ces jeunes sont non seulement dans le désespoir de la frustration, mais de plus, ils sont éplorés". Cependant, l'aspect sur lequel il est important de réfléchir pour lui, c'est de comprendre véritablement pourquoi ils fuient. Fadel Barro ne cherchera pas loin sa réponse : "nous sommes dans un continent qui est presque à fuir, car même nos chefs d'État eux-mêmes fuient, estimant que la solution vient toujours d'ailleurs."

 

L'une des questions qui nous interpellent et qui doit pousser le continent à adopter une démarche panafricaniste, c'est ce manque de confiance en nous. "Nous pensons toujours que tout ce dont nous pourrons disposer viendra d'ailleurs, de l'autre. Nous voulons désormais que ce paradis, cet Eldorado soit ici", clame l'activiste qui, dans la même veine, estime que cette question fait partie des grands imaginaires sur lesquels, l'université populaire de l'engagement citoyen va travailler.

 

Changer la donne dans le secteur de l'Éducation 

 

L'un des facteurs qui pourrait nous sortir de "cette colonisation déguisée" c'est, selon l'activiste Fadel Barro, le changement de paradigme dans l'apprentissage des langues nationales et africaines. "Si on commençait à arrêter les LV2 en russe, en Portugais, en espagnol ou allemand et débuter avec nos langues par exemple le Lingala, le Swahili, le Peulh, le Sérère ou Diola. Si aujourd'hui, on voit que les africains se détestent c'est parce qu'on se connait pas. Alors cette initiative africaine devrait permettre non seulement aux africains de mieux se connaître, mais également de procéder à des échanges commerciaux pour un développement africain inclusif". C'est ainsi que Fadel Barro conçoit cette Afrique qui devrait donc quitter ce stade où "elle est à genoux pour se propulser vers l'avenir..."

Lundi 14 Décembre 2020
Dakaractu




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